Le budget 2026 met fin à l’instabilité. C’était indispensable. Mais il ne répond pas encore à l’urgence : loger les Français dans des habitats accessibles, adaptés et réellement performants sur le plan énergétique.

La réouverture de MaPrimeRénov’ redonne de la visibilité. Son recentrage exclusif sur la rénovation globale laisse pourtant de côté la réalité du terrain. Depuis cinq trimestres, l’activité en rénovation et adaptation énergétique recule (–1,5 %). Ce ne sont pas des décimales, ce sont des carnets de commandes qui s’amincissent, des trésoreries qui se tendent, des entreprises qui résistent. Les ménages rénovent par étapes. Les artisans construisent par étapes. C’est cette logique concrète, progressive, qu’il faut soutenir.

Nous demandons des leviers immédiats : un accès élargi au RGE par la VAE pour reconnaître les compétences déjà là, un parcours de rénovation gradué, compatible avec les capacités financières des foyers, un recours facilité aux groupements momentanés d’entreprises pour répondre à des chantiers plus ambitieux sans fragiliser l’indépendance artisanale. Sans pragmatisme, la transition restera incantatoire.

Sur la REP PMCB, après des mois de concertation avec les organisations professionnelles de la construction, de la rénovation et du déchet, le ministre délégué chargé de la Transition énergétique, Mathieu Lefèvre, a rendu ses premiers arbitrages sur la refondation du dispositif. Depuis son lancement, la Capeb s’est pleinement engagée pour corriger un mécanisme devenu coûteux, complexe et insuffisamment efficient, alors même qu’il concerne au premier chef les entreprises artisanales, principales détentrices de déchets.

Les arbitrages annoncés marquent des avancées. Nous avons été entendus sur la nécessaire prise en compte des réalités de terrain : définition d’un maillage territorial réellement opérationnel, concertation locale, délai de prévenance sur les éco-contributions, phase transitoire de reprise sans frais pour ne pas fragiliser davantage les TPE. Ces décisions vont dans le bon sens. Elles traduisent la force d’une mobilisation constante pour faire entendre la voix des artisans.

« La REP PMCB doit devenir un dispositif simple, accessible et juste pour les petites entreprises artisanales, qui en sont les premières contributrices. »

Mais la vigilance reste totale. La REP PMCB doit devenir un dispositif simple, accessible et juste pour les petites entreprises artisanales, qui en sont les premières contributrices.
Trois conditions demeurent impératives : une gouvernance réellement partagée avec les représentants des entreprises, un maillage territorial efficace et accessible, avec des points de collecte adaptés aux pratiques réelles, la garantie d’une reprise gratuite des petits volumes en déchèteries publiques, vitale pour les très petites structures. Sans simplicité, sans équité, sans contrôle des coûts, la REP perdra toute légitimité.

Le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, nous rappellerons que la féminisation du BTP est un enjeu d’avenir. Nos métiers ont besoin de tous les talents. Nous resterons vigilants sur le devenir du statut du conjoint collaborateur, socle essentiel de nombreuses entreprises.

Les élections municipales des 15 et 22 mars seront un tournant. Les futurs élus devront considérer l’artisanat du bâtiment comme un partenaire stratégique du développement territorial. Nos entreprises sont prêtes. Elles exigent des choix clairs, du pragmatisme et du respect. La transition écologique et sociale des logements ne se fera qu’avec les artisans, jamais en les contournant.

Jean-Christophe Repon
Président de la Capeb