Les 15 et 22 mars, les Français sont appelés à élire leurs maires et conseillers municipaux. Un rendez-vous démocratique qui peut sembler local et discret, mais dont les conséquences sur la vie économique et artisanale des territoires sont immenses. Commande publique, rénovation du patrimoine, transition énergétique, aménagement local, jamais les choix municipaux n’auront autant pesé sur l’activité des entreprises de proximité. La Capeb a édité un fascicule de propositions claires pour bâtir des territoires durables… avec leurs artisans.

Le rôle des communes dépasse largement la simple gestion quotidienne : elles décident de l’urbanisme, de l’aménagement des quartiers, des marchés publics et de la politique de rénovation du patrimoine.

Transition énergétique et rénovation : des opportunités pour les petites entreprises

Chaque chantier de rénovation, chaque projet d’éco-quartier, chaque subvention pour la transition énergétique découle d’une décision municipale. Les artisans, qui forment l’épine dorsale de ces réalisations, voient donc leur activité directement influencée par les orientations locales. Avec les enjeux de sobriété énergétique et de rénovation des bâtiments anciens, les collectivités locales sont en première ligne pour définir les priorités et les budgets. Les décisions prises par les maires concernant les aides locales, le soutien aux travaux d’isolation ou le recours aux entreprises de proximité peuvent transformer le quotidien des artisans, en favorisant l’emploi et la pérennité des petites structures.

Des marchés publics à portée de main

Les communes sont également des acteurs économiques majeurs à travers leurs marchés publics. La manière dont les appels d’offres sont conçus — transparence, taille des lots, critères favorisant le local — conditionne l’accès des artisans à ces contrats essentiels. Un maire attentif aux besoins des petites entreprises peut faire la différence entre un chantier attribué à un grand groupe et une réalisation confiée à un artisan du territoire.

Un engagement citoyen concret

Voter aux municipales, c’est donc choisir ceux qui auront la clé de l’activité locale.
Pour les artisans, c’est un acte citoyen qui dépasse le simple geste politique : c’est protéger l’emploi, soutenir le tissu économique de proximité et participer à la vitalité des territoires. Ce mois-ci, les urnes vont décider de bien plus que la couleur politique des conseils municipaux, elles vont dessiner l’environnement économique qui fait vivre tant de petites entreprises et de savoir-faire locaux.


DES TERRITOIRES PENSÉS AVEC LES ARTISANS : LE PROJET CAPEB

Les propositions portées par la Capeb pour les municipales dessinent un projet de commune qui s’appuie pleinement sur ses entreprises artisanales du bâtiment pour construire, rénover et adapter les logements, soutenir l’économie locale et réussir la transition écologique. L’idée centrale est de faire des élus, des habitants et des artisans de véritables partenaires de la transformation des territoires.

La Capeb propose de placer le logement au cœur du projet municipal, avec une politique ambitieuse de construction, de rénovation énergétique et d’adaptation des logements aux besoins des habitants. Cela passe par un assouplissement ciblé des PLU et PLUi afin de faciliter la transformation des friches en logements et la densification maîtrisée des centralités plutôt que l’étalement urbain.

La rénovation énergétique des maisons et des copropriétés doit être accélérée en créant, par exemple, une maison de l’habitat qui oriente systématiquement les habitants vers les financements publics disponibles et vers des artisans qualifiés, plutôt que vers l’autorénovation risquée. L’accessibilité des logements doit aussi progresser, grâce à la promotion de MaPrimeAdapt’, des marques Handibat et Silverbat et à un accompagnement concret des ménages confrontés à la perte d’autonomie ou au handicap.

Pour la Capeb, soutenir les TPE artisanales du bâtiment, c’est soutenir la vitalité économique et sociale de la commune.

Développement économique : faire des TPE un pilier

Les propositions invitent les élus à adopter une fiscalité attractive et des démarches administratives simplifiées pour l’installation et le développement de ces entreprises. Il s’agit aussi de recenser les artisans du territoire, de les associer en amont à tous les grands projets d’aménagement et de formaliser une charte communale d’engagement en faveur de l’artisanat du bâtiment, afin d’en faire un levier structurant du tissu économique local. L’annuaire Artisans du bâtiment by Capeb est ici un outil clé pour identifier les professionnels et les mettre en relation avec les besoins de la commune.

Marchés publics : ouvrir vraiment aux artisans

Les propositions de la Capeb appellent à des marchés publics plus accessibles aux petites entreprises. Elles demandent de respecter et de renforcer l’allotissement réel des marchés, d’éviter les macrolots et marchés globaux qui alimentent la sous-traitance en cascade et excluent les TPE. Les marchés devraient être adaptés aux compétences des artisans locaux, notamment ceux disposant de labels comme Handibat, Silverbat ou Artisans du patrimoine bâti, et recourir davantage aux procédures simplifiées de gré à gré jusqu’à 100 000 € HT. La Capeb insiste aussi sur la lutte contre les offres anormalement basses, la limitation de la sous-traitance à un rang, le respect strict des délais de paiement et le remboursement automatique de la retenue de garantie à l’échéance.

Patrimoine et mobilité : valoriser et faciliter l’activité

La Capeb propose d’engager une politique volontariste d’entretien, de rénovation et de restauration du patrimoine vernaculaire, religieux et historique, en mobilisant toutes les aides spécifiques et en recourant prioritairement aux artisans labellisés Artisans du patrimoine bâti by Capeb. Les travaux sur le bâti ancien doivent être conduits en cohérence avec l’existant, pour garantir leur durabilité et la qualité architecturale. Parallèlement, la mobilité et la logistique des chantiers doivent être sécurisées. Il s’agit de garantir la circulation et le stationnement des véhicules professionnels, de prévoir des dérogations aux restrictions, de simplifier les autorisations d’occupation du domaine public et d’assurer un accès adapté aux déchèteries tout en luttant fermement contre les dépôts sauvages qui nuisent à l’image des artisans.

Transition écologique : les artisans en première ligne

Enfin, la Capeb place les entreprises artisanales au cœur de la transition écologique locale. Les communes sont invitées à faire appel en priorité aux artisans pour adapter les bâtiments aux aléas climatiques (inondations, sécheresses, mouvements de sols, canicules) et pour mettre en œuvre des solutions sobres et durables. Les réponses aux contraintes climatiques doivent être adaptées localement afin de préserver au maximum l’activité des TPE du bâtiment. Les dispositifs existants, comme le Fonds vert, le programme Actee, les programmes de rénovation énergétique et les aides à la préservation du patrimoine, doivent être utilisés comme de véritables leviers d’activité pour les entreprises du territoire, renforçant ainsi le lien entre transition écologique et économie de proximité.

Dominique Parravano