Paul Martel, plombier-chauffagiste des Bouches-du-Rhône, succède à Marcel Lecœur à la présidence de la Capeb en 1978. Membre fondateur de la Confédération, il multiplie son engagement à travers les instances syndicales et gouvernementales. Son investissement pour l’artisanat du bâtiment est reconnu, il est nommé officier du Mérite artisanal puis élevé au rang de chevalier de la Légion d’honneur, en 1979.

 

Marcel Lecoeur remet la légion d’honneur à Paul Martel

Aux côtés de Marcel Lecœur, Paul Martel participe au changement de la dénomination du syndicat. D’abord connue sous la Fédération nationale unifiée des maîtres-artisans du bâtiment (FNUMAB) puis de la Fédération nationale des artisans du bâtiment et des branches professionnelles annexes (FNAB), la Capeb devient finalement une confédération. « Il y eut sans doute un peu de malice dans ce choix : lorsqu’on énumérait les organisations syndicales artisanales, on trouvait en effet, en tête les confédérations, venant par ordre alphabétique devant les fédérations… Comme la deuxième lettre du sigle Capeb était un A, celui-ci était le premier de la liste ! », explique avec esprit Paul Martel.

Avant sa prise de fonction à la Capeb au titre de premier vice-président puis de président, Paul Martel est à la tête de trois organisations dans sa région. Il préside le Syndicat départemental des artisans du bâtiment et des branches annexes des Bouches-du-Rhône, le Groupement départemental de l’apprentissage ainsi que la chambre des métiers. Il est également membre du conseil économique et social.

Une meilleure protection sociale pour les artisans

Le premier régime de base d’assurance vieillesse des non-salariés, assurés par la Caisse autonome nationale de compensation de l’assurance vieillesse artisanale (Cancava) reste précaire. La Capeb se mobilise pour obtenir un régime complémentaire et se voit récompensée de ses efforts en 1979 : le régime de base est enfin renforcé par un régime complémentaire rendu obligatoire. Dorénavant, les artisans du bâtiment bénéficient d’une meilleure protection sociale qui répond mieux à leur investissement important au travail.

L’environnement au premier rang des préoccupations gouvernementales

En 1980, Michel d’Ornano, ministre de l’Environnement et du Cadre de vie met en place une série de mesures et d’actions en faveur de l’environnement : l’organisation du concours des maisons solaires en janvier, la « Chasse au gaspillage » en mai ou encore la mise en valeur de l’architecture bioclimatique en juin. Ces mesures de bon sens sont pour les artisans du bâtiment et la Capeb, l’occasion de mettre en avant leur savoir-faire au service de l’environnement.

Revalorisation des métiers manuels

Durant sa présidence, Paul Martel s’engage pour la revalorisation des métiers manuels. Ainsi le 26 juin 1980, la Capeb signe avec le Gouvernement, une convention de branche relative à la formation professionnelle dans les petites entreprises du bâtiment. En octobre de la même année se tient le premier congrès de l’Association nationale pour la revalorisation du travail manuel (ANRTM). Les congressistes proposent la création d’un « label de qualité » de la vie au travail qui serait décerné à toute entreprise améliorant les conditions de travail de ses ouvriers.

Cinquième semaine de congés payés

Autre grande victoire sous la présidence de Paul Martel, la Capeb signe un accord de branche sur la réduction du temps de travail et la généralisation au secteur du bâtiment de la cinquième semaine de congés payés. Une avancée qui permet aux artisans du bâtiment de voir leur organisation de travail changer pour le mieux. En parallèle, le président Martel continue de défendre sans relâche l’obtention des indemnités journalières pour les artisans : « Nos familles, nos entreprises, ont besoin de cet engagement. Pour écarter le pire… »

Paul Letertre lui succède en 1982. Celui-ci le décrit comme un « Marseillais à l’accent bien marqué » avec un « esprit vif et la répartie souvent teintée d’humour, mais profondément réaliste » lors de sa disparition, en 2002.

Emma Deroche