De la dispersion des syndicats d’artisans à la naissance d’une organisation nationale influente, l’histoire de la Capeb épouse les grandes mutations du bâtiment artisanal français. Fondée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale par des représentants déterminés à unir leurs forces, la future confédération s’impose rapidement comme la voix des artisans du bâtiment.

Au début du XXe siècle, des syndicats d’artisans existent dans une trentaine de départements en France. Parfois isolés et n’ayant qu’un rayonnement régional, les dirigeants de ces organisations constatent rapidement les limites de leur champ d’action. À l’initiative d’un journal professionnel, La Vie des Métiers, un rassemblement a lieu le 25 octobre 1946, à Paris. C’est à cette occasion que les représentants de ces syndicats décident de s’unir sous une seule et même structure : la Fédération nationale unifiée des maîtres artisans du bâtiment (FNUMAB), présidée par Marcel Lecoeur.

De la Fédération à la Confédération
Délégation du bureau confédéral et Marcel Lecoeur au milieu, 49 boulevard Port-Royal

En 1948, la FNUMAB devient la Fédération nationale des artisans du bâtiment et des branches professionnelles annexes (FNAB). Les syndicats continuent de se joindre à la Fédération et les participants au congrès se font de plus en plus nombreux. Le nom change, mais les pionniers en constituent toujours le cœur. Au 17e Congrès national en 1963, Marcel Lecoeur renomme le syndicat au titre de Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) intégrant ainsi les petites entreprises dirigées ou non par un artisan diplômé.

Le début de la lutte 

Comptant 400 syndicats adhérents, la FNAB revendique un statut de l’artisanat, un allègement des charges sociales, une vraie retraite et des allocations familiales suffisantes. En 1952, la coalition mène une campagne de diffusion contre le travail dissimulé dont les tribunaux s’emparent.

En 1953, l’apparition des centres artisanaux d’études et de techniques (Cadet) facilite le regroupement des entreprises artisanales et participe activement à la construction de logements. Ainsi, ils permettent de trouver, pour les personnes souhaitant construire, des renseignements sur les prêts ainsi que d’entrer en contact avec l’entreprise artisanale susceptible de réaliser le chantier.

De premières victoires se célèbrent dès 1956 : les travailleurs indépendants obtiennent la parité salariale, notamment avec l’allocation de « la mère au foyer ». Depuis son origine, le syndicat lutte pour de meilleures conditions de vie et de travail pour les entreprises artisanales du bâtiment, mais également pour un meilleur accès à l’information.

Emma Deroche