Un chantier à terminer, un devis à envoyer, un client à rappeler, une équipe à encadrer… À force de vouloir être partout, le chef d’entreprise artisanale peut finir par s’oublier lui-même. Pourtant, le message du nouveau mémo Santé et sommeil de l’Iris-ST est limpide : préserver sa santé et son sommeil, c’est aussi préserver son entreprise.

Dans une entreprise artisanale, le dirigeant est souvent sur tous les fronts. Mais le corps, lui, ne négocie pas indéfiniment avec la fatigue. Prendre soin de sa santé permet de conserver de l’énergie, de mieux récupérer et d’être davantage disponible, dans sa vie professionnelle comme personnelle.

Au travail, le bénéfice est tout aussi concret : davantage de concentration, une meilleure organisation et une activité plus durable. D’où l’importance de la prévention. Consultation médicale annuelle, contrôle de la tension, examens et dépistages recommandés selon l’âge, le sexe et les antécédents familiaux : le mémo invite les artisans à ne pas attendre le problème pour s’occuper d’eux-mêmes.

Quand la fatigue monte, la vigilance baisse

Sur un chantier ou dans un atelier, mal dormir n’est jamais anodin. Le manque de sommeil peut entraîner fatigue chronique, troubles de la concentration et de la mémoire, stress ou irritabilité. Et ses conséquences débordent rapidement sur l’entreprise : baisse de l’attention et de l’efficacité, erreurs, gestes moins précis, retards sur les chantiers, conflits et augmentation du risque d’accident.

Encore faut-il savoir entendre les signaux d’alarme : bâillements répétés, manque d’énergie, oublis fréquents, difficultés à se concentrer ou temps de réaction plus long. Une fatigue persistante ne doit pas être banalisée. Elle peut aussi être liée à d’autres troubles, comme l’apnée du sommeil ou certaines affections ORL, et justifie une consultation auprès d’un professionnel de santé.

Lever le pied pour durer

Préserver sa santé commence aussi dans l’organisation quotidienne du travail. Anticiper les périodes de forte activité, adapter son rythme lorsque c’est possible, ménager de vrais temps de récupération : autant de réflexes simples.

Sur le terrain, cela passe aussi par des gestes et postures adaptés, le port des équipements de protection et l’utilisation de matériels susceptibles d’améliorer les conditions de travail, notamment des matériaux allégés ou des équipements moins bruyants et moins vibrants.

Le sommeil, un allié à reconquérir

Pas de recette miracle, mais de bonnes habitudes. L’Iris-ST conseille de conserver un horaire de lever régulier, de réduire le café à partir de 14 heures et la consommation d’alcool, d’éviter les repas trop riches le soir et, surtout, de fixer une heure à partir de laquelle le travail s’arrête vraiment.

Smartphone et tablette devraient également être abandonnés au moins une heure avant le coucher. La chambre, elle, doit redevenir un espace de récupération : calme, obscurité, aération et température idéalement comprise entre 18 et 20 °C.

Et lorsque la fatigue se fait sentir en journée, une courte sieste de 20 à 30 minutes en début d’après-midi peut aider à récupérer.

Au fond, le message est simple : dans une petite entreprise du bâtiment, prendre soin de soi n’est pas lever le pied sur son activité. C’est se donner les moyens de la faire durer.

Dominique Parravano