L’activité des entreprises artisanales du bâtiment a encore reculé de 1,5 % au deuxième trimestre 2026, selon la dernière note de conjoncture de la Capeb. Si le neuf montre des signes de redressement et que la rénovation énergétique se stabilise, l’entretien-amélioration reste en difficulté. Surtout, la situation financière des entreprises se dégrade nettement.

Après plusieurs années de baisse, l’artisanat du bâtiment ne retrouve toujours pas le chemin de la croissance. Au deuxième trimestre, l’activité recule de 1,5 % sur un an, comme au trimestre précédent. Les entreprises de moins de 10 salariés sont légèrement plus touchées, avec un repli de 1,5 %, contre 1 % pour celles de 11 à 19 salariés.

Tous les corps de métiers restent orientés à la baisse. La menuiserie-serrurerie et l’aménagement-décoration-plâtrerie enregistrent les replis les plus marqués, à -2 %, tandis que la maçonnerie et la couverture-plomberie-chauffage limitent leur baisse à -1 %.

Le neuf amorce un redressement

Le principal motif d’espoir vient de la construction neuve. Le recul de l’activité s’est réduit à -1,5 %, après -2,5 % au premier trimestre. Les indicateurs avancés sont, eux, nettement mieux orientés : sur douze mois à fin mai, les autorisations de logements progressent de 14,7 % à 384 900 unités, tandis que les mises en chantier bondissent de 18,8 %, à 295 200 logements.

Le rebond reste toutefois incomplet : ces volumes demeurent inférieurs aux moyennes des cinq dernières années, de 5,7 % pour les autorisations et de 13 % pour les mises en chantier.

À l’inverse, l’entretien-amélioration se dégrade, avec une activité en baisse de 1,5 %, contre -1 % au trimestre précédent. Seule éclaircie : après six trimestres consécutifs de recul, les travaux de rénovation énergétique se stabilisent.

La trésorerie devient le principal point noir

La Capeb alerte surtout sur la situation financière des entreprises. Le solde d’opinion sur la trésorerie plonge à -32 points, contre -11,8 points en moyenne de long terme. 35 % des entreprises constatent une dégradation de leur trésorerie, contre seulement 3 % une amélioration.

Les besoins de financement concernent désormais 26 % des entreprises, contre 20 % un an plus tôt. Le montant moyen recherché a néanmoins diminué, à 22 000 euros, contre 30 000 euros un an auparavant. Les principales causes invoquées sont l’allongement des délais de paiement (58 %) et les impayés (28 %).

Les marges sont elles aussi sous pression : 22 % des entreprises déclarent une baisse, contre seulement 3 % une hausse, soit un solde d’opinion de -19 points.

Des carnets de commandes qui plafonnent

Après trois trimestres consécutifs de hausse, les carnets de commandes cessent de progresser. Ils représentent désormais 80 jours de travail à venir, soit 12 jours de plus qu’un an auparavant. Pour les entreprises jusqu’à 10 salariés, ils reculent légèrement, de 78 à 77 jours.

L’emploi reste également sous tension. Au premier trimestre 2026, les entreprises du BTP de moins de 20 salariés ont perdu 17 808 emplois sur un an, soit une baisse de 2,2 %. Environ 12 000 de ces suppressions concernent les entreprises du bâtiment jusqu’à 10 salariés.

Un premier signal positif apparaît néanmoins sur les intentions d’embauche : 6 % des entreprises envisagent de recruter, contre 2 % qui prévoient des licenciements ou des non-renouvellements.

Une sortie de crise encore repoussée

La photographie dressée par la Capeb reste donc contrastée. Le neuf se redresse progressivement et la rénovation énergétique cesse de reculer, mais l’activité globale reste négative, l’entretien-amélioration s’essouffle et la pression sur les trésoreries et les marges s’accentue. Pour l’organisation professionnelle, 2026 pourrait ainsi constituer une quatrième année consécutive de recul de l’artisanat du bâtiment.

Dominique Parravano