Enfin adopté cette semaine, le budget 2026 donne un peu d’air aux entreprises artisanales du bâtiment… mais il reste pour la Capeb largement insuffisant pour relancer la rénovation des logements et répondre aux besoins pressants des Français.

Adopté mais timide, le budget 2026 laisse les artisans du bâtiment sur leur faim. Le maintien de MaPrimeRénov’ à 3,6 milliards d’euros et la continuité des dispositifs publics apportent certes un peu de stabilité. Mais le recentrage des crédits sur la rénovation globale reste trop timide : les ménages continuent d’être contraints, et les artisans voient leur activité stagner depuis plusieurs mois.
Seule solution pour concilier les besoins des foyers et ceux des entreprises : un parcours de rénovation par étapes, permettant aux ménages d’avancer progressivement vers une rénovation complète tout en offrant du travail durable aux artisans.
Même le Fonds vert, destiné à financer la rénovation des bâtiments publics, subit des coupes, tout comme les crédits pour l’entretien et la restauration du patrimoine : autant de marchés en moins pour les entreprises locales.
La seule avancée notable : le statut du bailleur privé, applicable au neuf comme aux rénovations lourdes. La Capeb appelle les parlementaires à aller plus loin pour dynamiser réellement la rénovation des logements existants.
Des mesures fiscales trop frileuses
La Confédération déplore que le seuil de franchise en base de TVA dans le bâtiment n’ait pas été abaissé. Elle regrette également la non-prolongation de l’exonération des donations intra-familiales pour la rénovation énergétique et du crédit d’impôt pour l’adaptation des logements au vieillissement, deux dispositifs essentiels pour soutenir à la fois les ménages et les artisans.
Relancer le marché : des mesures concrètes et immédiates
« Depuis cinq trimestres, les artisans du bâtiment enregistrent un recul durable de -1,5 % sur la rénovation et l’adaptation énergétique. Le budget 2026 marque un premier pas, mais des mesures concrètes et rapides sur le RGE, le parcours de rénovation par étapes et les GME sont indispensables pour relancer le secteur et répondre à l’ampleur des besoins », alerte Jean-Christophe Repon, le président de la Capeb.

Dominique Parravano

Les propositions de la Capeb

Pour dynamiser le marché et permettre aux artisans de répondre aux besoins des Français, trois leviers doivent être activés rapidement :

  • Faciliter l’accès à la qualification RGE via la VAE pour élargir le nombre d’entreprises éligibles aux aides.

  • Mettre en place un parcours de travaux par étapes, adapté aux capacités financières des ménages.

  • Encourager le recours aux Groupements Momentanés d’Entreprises (GME), sans solidarité assurantielle, déjà adopté au Sénat dans la loi CHOC.