Du tronc à la flamme, le groupe Poujoulat suit chaque étape du bois pour produire des combustibles de qualité. De la forêt à la scierie, de l’usine au foyer, chaque maillon du parcours est pensé pour chauffer mieux et plus efficacement le consommateur.
Dans le massif vosgien, pas besoin d’aller très loin pour trouver de quoi se chauffer, puisque la moitié du département est recouverte de forêt. C’est donc aussi tout naturellement que Woodstock, marque de bois de chauffe du groupe Poujoulat, y développe ses activités. Avant d’arriver aux pellets, au bois densifié ou au traditionnel bois bûche que l’industriel produit pour alimenter efficacement les poêles de dernière génération, il faut commencer par marcher en forêt, et de préférence avec un garde forestier.

Dans la forêt de Luxeuil, Damien, le garde forestier qui gère ses 1 232 ha de forêt depuis plus de 20 ans, sélectionne soigneusement les bois qui seront découpés. Que ce soit dans les forêts gérées par l’État ou dans les forêts privées, qui représentent pour ces dernières 70 % des surfaces en France, Woodstock assure n’utiliser que des grumes impropres à la construction, c’est-à-dire des troncs pas droits, pas assez solides, malades, etc.
Du déchet au pellet
Dans la forêt, le garde forestier mesure les troncs, analyse la cime, puis griffe ou martèle les arbres à l’aide de son marteau de forestier afin d’indiquer aux machines qui passeront après lui ceux à prélever. Puis, direction la scierie, comme celle de Germain Mougenot, à Saulxures-sur-Moselotte, en Haute-Saône. Chaque jour, 1 000 m³ de bois y sont sciés, ce qui nécessite de grandes piles de bois entreposées à l’extérieur pour alimenter l’usine. Mais ce sont surtout les bâtiments situés sur une colline qui surplombe le site qui nous intéressent, à l’intérieur desquels sont fabriqués les pellets de Woodstock.

La marque a en effet proposé à la scierie un modèle simple : les produits connexes, ou déchets de bois issus du sciage, sont réutilisés pour alimenter une chaufferie, mais aussi pour créer des pellets destinés à alimenter les poêles. Construite en 2021, cette usine permet de valoriser ces produits longtemps considérés comme des déchets et de les transformer en pellets. Ces derniers sont ensuite conditionnés et vendus en partie sous la marque Woodstock. Un système gagnant-gagnant, qui permet de soutenir le modèle économique de la scierie familiale.
La bûche moderne
Les bois qui ne sont pas droits, trop petits ou pas assez épais deviennent donc des pellets ou des bûches. Pour produire ces dernières, le groupe Poujoulat a investi dans huit sites de production, dont l’un, Bois Factory 70, est situé à Demangevelle, en Haute-Saône. Ce site est le résultat de la réhabilitation d’une friche industrielle de 28 000 m² en 2020. Pour un groupe comme Poujoulat, le folklore du bûcheron qui fend les bûches à la hache est loin, mais le principe reste le même : des machines retirent l’écorce, découpent horizontalement ou verticalement les bois, qui sont ensuite séchés dans des séchoirs puis entreposés dans les silos d’un bâtiment circulaire.

Ainsi, à Demangevelle, ce sont 140 000 stères de bois et 20 000 stères de bois d’allumage qui sont produits chaque année. Et pour aller jusqu’au bout de l’utilisation du bois, les chutes sont broyées et transformées en bûches densifiées grâce à deux lignes de production. Le groupe mise d’ailleurs de plus en plus sur ce type de produit, à plus forte valeur ajoutée, et dont la durée de combustion serait prolongée, supérieure à une heure.
Du bon bois pour un bon chauffage
Tous ces investissements servent évidemment à assurer l’approvisionnement en bois des poêles vendus par le groupe Poujoulat, mais aussi à augmenter leur efficacité. En effet, le fabricant assure qu’une bûche avec un taux d’humidité inférieur ou égal à 20 % permet de réduire les consommations jusqu’à 30 % par rapport à un bois traditionnel. Ainsi, selon une étude du laboratoire Céric, il faut annuellement 5 m³ de bois pour alimenter un appareil de nouvelle génération. Or, ce chiffre descend à 3,5 m³ pour des bûches dites « haute performance » et à 1,5 m³ pour du bois densifié. Des arguments à la fois économiques et écologiques, qui peuvent peser dans la balance lors du choix du client final.

























