C’est un verdict clair et chiffré : les pompes à chaleur (PAC) confirment leurs excellentes performances énergétiques. Dans une étude de terrain menée sur plus de 100 maisons individuelles en conditions réelles, l’Ademe dresse un constat sans ambiguïté : bien installées et bien réglées, les PAC air/eau et eau/eau sont des championnes de l’efficacité.
Mesurer la performance réelle d’une PAC n’a rien d’évident : tout dépend de la taille du logement, de son isolation, du climat, de la pose, du réglage… autant de paramètres qui brouillent souvent les comparaisons. Pour y voir clair, l’Ademe a lancé une vaste campagne d’observation sur le terrain. Résultat publié en octobre 2025 : un coefficient de performance saisonnier (COP) moyen de 2,9, soit 3 à 4 fois plus efficace qu’un système de chauffage classique au gaz ou à l’électricité.
Les bénéfices sont doubles : des émissions de CO₂ en forte baisse et une facture divisée par deux par rapport au gaz. Mieux encore, le surcoût d’une PAC par rapport à une chaudière gaz serait amorti en deux ans avec les aides, et en six ans sans.
L’installation, clé de voûte de la performance
Contrairement à une idée reçue, la localisation n’explique pas les écarts de performance observés (COP allant de 1,8 à 4,5). Ainsi, une PAC installée dans un endroit au climat clément sera en moyenne 30 % plus performante qu’une posée dans une zone plus froide. Cependant, la PAC reste dans tous les cas efficace, puisqu’un COP moyen de 2 a été mesuré le 20 janvier 2024 alors que la température moyenne était de -4 °C. Les causes de ces variations sont donc ailleurs, et l’avis de l’Ademe est sur ce point sans appel : les problèmes d’installation et de réglage sont prépondérants, et leur résolution fait gagner en moyenne un point sur le COP.
Former, ajuster, perfectionner
Les recommandations de l’agence sont claires : mieux former les installateurs, car les dysfonctionnements relèvent souvent d’une mauvaise loi d’eau ou d’un dimensionnement insuffisant des radiateurs. L’Ademe appelle aussi les fabricants à perfectionner la régulation et à limiter le cyclage des machines.
Autres leviers : la réduction des consommations hors production, la meilleure mise en œuvre des bouteilles de découplage et des circulateurs, l’optimisation des programmations horaires et enfin la généralisation et l’amélioration des opérations de maintenance.
L’isolation toujours aussi importante
Autre point qui peut créer des dissensions lors d’une rénovation énergétique : l’isolation du bien. Pour l’Ademe, l’isolation peut se faire après la pose d’une PAC si cette dernière est bien réglée. Elle aura été plus chère à l’achat et sera surdimensionnée après les travaux, mais s’adaptera à la consommation des ménages. De plus, de bons COP saisonniers ont été mesurés dans des maisons mal isolées et inversement. Par conséquent, le changement ou le rajout de radiateurs est une piste privilégiée de l’Ademe, même si l’installation d’une PAC ne nécessite généralement pas leur changement. Cela n’empêche pas l’isolation d’être d’une grande efficacité, voire la meilleure solution, pour atteindre la neutralité carbone, puisqu’elle réduit fortement la consommation énergétique.
Cette étude de l’Ademe apparaît actuellement comme la source la plus fiable concernant les performances des PAC. Petit bémol tout de même concernant les résultats sur l’eau chaude sanitaire, plus mitigés, puisque le COP moyen de production tourne autour de 2 pour les PAC air/eau et de 2,3 pour les eau/eau. Signe qu’il y a toujours du chemin à faire dans le domaine.
Un SCOP de 7,4 ?!
En moyenne, les PAC ont un coefficient de performance saisonnière (SCOP) de 2,9 pour les PAC air/eau et de 4,3 pour les eau/eau. Mais l’Ademe a tenu à préciser que ce SCOP est monté parfois jusqu’à 4 pour une pompe à chaleur air/eau et 7,4 pour une eau/eau. Cela montre que, malgré les dysfonctionnements observés, les PAC ont des marges d’amélioration prometteuses.
Les ventes des PAC en 2024 (source : Uniclima)
- 2 679 géothermiques
- 182 648 air/eau
- 800 615 air/air
- 152 314 chauffe-eau thermodynamiques dédiés à l’eau chaude sanitaire





















