A l’issue de l’annonce de sa réélection à la tête de la Capeb, Jean-Christophe Repon a tenu une conférence de presse offensive. Dans un contexte de nouveau recul de l’activité du bâtiment, l’organisation patronale de l’artisanat alerte sur une filière sous tension et avance une série de mesures, avec une priorité assumée : faire baisser la TVA sur la rénovation pour relancer immédiatement la demande.
Fraîchement reconduit pour un nouveau mandat, Jean-Christophe Repon n’a pas attendu pour monter au créneau. Lors d’une conférence de presse tenue dans la foulée, le président de la CAPEB a dit son exaspération après avoir découvert par la presse les derniers ajustements de MaPrimeRénov’. « On aimerait être titulaires dans l’équipe de France du logement », lance-t-il, piquant, comme pour rappeler la place laissée aux artisans dans les décisions publiques.
Le décor est sombre. Après deux années déjà en net repli, le secteur enregistre un nouveau recul de 1,5 % de son activité au premier trimestre 2026. L’emploi suit la même trajectoire, en baisse de 2,2 %, confirmant un ralentissement qui s’installe. Dans un contexte international tendu, la filière encaisse sans amortisseur.
Face à cette érosion, la Capeb met sur la table une quinzaine de propositions. Première cible : le prix des matériaux. L’organisation réclame la création d’un observatoire public indépendant, confié à l’INSEE, pour mettre fin à une opacité jugée persistante. « Les prix ne sont jamais revenus à leur niveau d’avant-crise », insiste Jean-Christophe Repon, qui pointe l’effet durable des tensions économiques et géopolitiques.
Un passage de la TVA de 10 % à 5,5 %
Mais la mesure phare reste fiscale. La Capeb demande un passage de la TVA de 10 % à 5,5 % sur l’ensemble des travaux de rénovation. Un levier présenté comme immédiat pour soutenir la demande, alléger le coût pour les ménages et redonner de l’air aux entreprises. « On ne veut pas de l’aide pour de l’aide, on veut de l’activité », martèle le président.
Selon les estimations de l’organisation, cette baisse pourrait générer jusqu’à 2,4 milliards d’euros d’activité supplémentaire et créer environ 11 000 emplois.
En creux, une ligne de fracture se confirme avec les orientations publiques, davantage tournées vers le neuf que vers la rénovation. La Capeb appelle à un rééquilibrage urgent, sous peine de voir s’enfoncer un tissu artisanal déjà fragilisé.
Réélu pour trois ans, Jean-Christophe Repon ouvre ainsi un mandat sous tension, avec une ambition clairement affichée : remettre la rénovation et les artisans au centre du moteur économique du logement.
Dominique PARRAVANO
























