Depuis son arrivée en pleine pandémie, Jean-Christophe Repon n’a connu que des temps troublés où les tourmentes économiques s’enchaînent. Réélu le 23 avril 2026, le président de la Capeb qui n’a connu que la crise aborde un mandat décisif, où plus que jamais, l’enjeu sera de maintenir un cap collectif face aux incertitudes.

Arrivé aux commandes au cœur de la pandémie, Jean-Christophe Repon n’aura connu que la tempête. Covid-19, guerre en Ukraine, flambée énergétique, tensions géopolitiques : la succession des crises s’est imposée comme une toile de fond permanente. « Le rythme des crises s’accélère », observe-t-il lucidement.

Dans cet environnement instable, la Capeb s’est affirmée comme un point d’ancrage. Une structure de soutien, presque un réflexe pour des chefs d’entreprise souvent seuls face aux secousses. « Le collectif devient essentiel », insiste le président, qui revendique un rapprochement accru entre décisions nationales et réalités de terrain.

Artisans à bout de souffle

Mais derrière la continuité affichée, le constat est brutal. L’artisanat du bâtiment vacille. Depuis dix trimestres, l’activité recule sans interruption. Tous les métiers, toutes les régions sont touchés. La hausse des coûts – énergie, matières premières, transport – comprime les marges, assèche les trésoreries et fragilise l’emploi. En deux ans, 30 000 postes ont disparu. Surtout, une fatigue profonde s’installe. « J’ai vu des professionnels au bout du rouleau », confie Jean-Christophe Repon. Économique, mais aussi psychologique : la crise s’infiltre partout.

Un plan d’urgence sur la table

Face à ce qu’elle considère comme la crise de trop, la Capeb presse l’État d’agir. Quinze propositions ont été formulées pour bâtir un plan de sauvegarde immédiat.

Quelques avancées ont été obtenues : compensation sur le GNR, création d’un observatoire des prix, discussions sur les délais fournisseurs, facilitation du recours à l’activité partielle. Des signaux jugés encourageants, mais encore loin de répondre à l’ampleur du choc.

TVA à 5,5 % : la bataille structurante

Au cœur du combat : la généralisation d’une TVA à 5,5 % sur tous les travaux de rénovation. Pour la Confédération, la mesure est décisive.

L’enjeu est massif : 2,4 milliards d’euros d’activité potentielle, jusqu’à 11 000 emplois à la clé, et un soutien direct au pouvoir d’achat des ménages.
Plus qu’un coup de pouce, un levier stratégique pour accélérer la transition énergétique et relancer la demande.

 « Un réflexe TPE dans chaque décision »

Réélu pour trois ans, Jean-Christophe Repon fixe le cap : faire entendre la voix des petites entreprises dans chaque arbitrage public. « Les TPE du bâtiment sont la colonne vertébrale de notre économie », martèle-t-il, déterminé à leur donner « un horizon clair, juste et durable ».
Derrière la formule, une exigence : transformer l’écoute en décisions concrètes.

Dominique PARRAVANO