Quatre jours chrono pour peser sur l’avenir de MaPrimeRénov’. La Capeb accélère, défend ses artisans et refuse de voir ses priorités balayées par la crise politique.
Quatre jours. Pas un de plus. Lundi 8 septembre, le Gouvernement pourrait tomber, emportant dans sa chute l’avenir de MaPrimeRénov’. Dans ce crépuscule politique, la Capeb s’agite, presse le pas, cherche à marquer le tempo. Une confédération face à une horloge implacable.
En juillet dernier, elle a proposé à Valérie Létard, la ministre du Logement, un plan de relance de 36 propositions, sorte de boussole pour un secteur du bâtiment à la peine. Jean-Christophe Repon, son président, martèle le même constat, voix contenue mais rageuse : « 90 000 opérations engloutissent presque tout le budget. On est loin de la massification. » Derrière ces mots, une colère froide : trop d’argent pour trop peu de chantiers, une politique happée par les “rénovations d’ampleur”, et une cascade de fraudes. Le dispositif, lui, s’est grippé depuis juin.
Les gestes sacrifiés
Puis est venue la rumeur, tranchante comme une lame : l’isolation des murs et les chaudières biomasse pourraient disparaître du futur décret. Deux gestes essentiels, piliers de l’activité artisanale. Les effacer, c’est amputer la rénovation de sa chair vive. « Un non-sens », claque Jean-Christophe Repon. « On ne connaît pas encore l’enveloppe budgétaire, et on est déjà en train de décider la suppression de gestes dans le cadre d’un futur budget qui n’est pas encore négocié. Comment peut-on définir un parcours de rénovation si on supprime tel ou tel monogeste ? Nous nous prononçons bien évidemment contre la sortie de MaPrimeRénov’ de l’isolation des murs et des chaudières biomasse. » Et les chiffres sont cruels : 500 millions d’euros à sauver… une goutte dans un océan de milliards.
Face à ce scénario, la Capeb propose une autre voie : la rénovation par étapes. Des gestes échelonnés, accessibles aux ménages, réalisés par des artisans, multipliés à grande échelle. Massification par capillarité, plutôt que par concentration. Elle plaide aussi pour une réforme technique clé : la validation des acquis de l’expérience (VAE chantier). Ainsi, des entreprises non-RGE pourraient intervenir sous contrôle strict d’un audit final. Un compromis qui ouvre le marché sans sacrifier la qualité. Valérie Létard semblait prête à franchir le pas cet été. Mais le temps, lui, menace d’emporter la promesse.
Dans les antichambres du pouvoir, l’air est lourd. François Bayrou, avant son départ, veut laisser sa trace : un décret signé et publié avant la tempête. Mais quels arbitrages survivront ? Réduction drastique du budget, statu quo de façade, ou nouveau tour de vis ? Les hypothèses s’entrechoquent, les fuites se multiplient. Dans ce tumulte, la Capeb s’accroche, plaide pour ses artisans comme on plaide une cause devant un tribunal pressé.
Trois jours. Trois jours suspendus. Dans ce match contre l’horloge, la Capeb n’a qu’une option : tenter l’essai décisif.
Dominique PARRAVANO























