Malgré un léger ralentissement du repli, l’artisanat du bâtiment accuse encore une baisse d’activité de -4,5 % au deuxième trimestre 2025 par rapport à la même période de 2024. Le neuf reste le talon d’Achille (-9 %), tandis que l’entretien-amélioration recule de -1,5 %. Carnets de commandes, emploi, trésorerie : tous les indicateurs demeurent dans le rouge.

Le premier semestre 2025 s’achève dans la continuité d’une tendance installée : celle d’un recul durable de l’activité artisanale du bâtiment. Après -5 % au premier trimestre et -6 % en fin d’année 2024, la baisse en glissement annuel atteint -4,5 % au deuxième trimestre 2025. Un fléchissement moins brutal, mais qui ne signe en rien une reprise.

Le neuf en chute libre

La construction neuve reste le secteur le plus sinistré, avec une chute de 9 % sur un an. Les logements individuels purs s’effondrent de 15,1 %, tandis que les collectifs progressent légèrement. Du côté de l’entretien-amélioration, traditionnel amortisseur des crises, le recul est limité mais réel (-1,5 %), y compris sur les travaux de performance énergétique.

Tous les métiers touchés, toutes les régions concernées

Tous les métiers sont touchés, de l’électricité (-3 %) à la menuiserie-serrurerie (-5,5 %). Géographiquement, la baisse s’étend à l’ensemble du territoire : -9 % en Centre-Val de Loire, -6,5 % en Nouvelle-Aquitaine, -5,5 % en Île-de-France, avec un minimum de -2,5 % en Hauts-de-France.

Les carnets de commandes reflètent cette morosité : la visibilité tombe à 68 jours en moyenne, soit quatre jours de moins qu’il y a un an. Les trésoreries restent fragiles : une entreprise sur cinq déclare encore des besoins de financement, pour un montant moyen de 30 000 euros.

L’emploi dans la tourmente

Côté emploi, la saignée se poursuit. Le secteur a perdu 28 300 postes salariés au premier trimestre (-3,4 %), et les intentions de licenciements (12 %) dépassent toujours celles de recrutement (7 %). L’intérim recule également (-6 %).

Quelques signaux positifs apparaissent en arrière-plan : crédits à l’habitat en forte hausse (+50 % au 1er trimestre), ventes de logements anciens en reprise (+8,4 % en juillet), mises en chantier de logements collectifs et groupés en progression. Mais ces tendances tardent à irriguer l’activité des entreprises artisanales.

Dans un climat d’incertitude politique et de ralentissement des dispositifs publics de soutien à la rénovation, l’année 2025 s’annonce comme une nouvelle année de repli généralisé. L’artisanat du bâtiment, pilier de l’économie locale, reste en première ligne face à la conjoncture.

Dominique Parravano