Le début d’année, et particulièrement le mois de janvier, a laissé des traces. Un mois à l’arrêt, ou presque, suspendu aux caprices d’une météo implacable : chantiers retardés, trésoreries sous tension, activité désorganisée. Et déjà, une autre inquiétude s’installe : les tensions internationales pèsent sur les carburants et, en cascade, sur le coût des matériaux.
Dans ce contexte, chacun doit assumer sa part. Hors de question de laisser s’enclencher une spirale inflationniste qui fragiliserait encore davantage les entreprises artisanales. Maîtrise des prix, transparence, sens de l’intérêt collectif, ces principes doivent guider l’ensemble de la chaîne.
« La Capeb appelle le Gouvernement à réactiver le comité de crise interministériel consacré au bâtiment, créé à la demande de la Capeb lors de la guerre en Ukraine. »
La Capeb appelle le Gouvernement à réactiver le comité de crise interministériel consacré au bâtiment, créé à la demande de la Capeb lors de la guerre en Ukraine. Ce dispositif avait permis un suivi rapproché et utile de l’évolution des coûts des matériaux et un dialogue efficace entre Pouvoirs publics, industriels, distributeurs et professionnels. Il est aujourd’hui indispensable pour suivre l’évolution des prix et anticiper les risques pour la filière.
Concernant les hausses du pétrole, qui se répercutent déjà à la pompe, un accompagnement de l’État est crucial pour permettre aux entreprises d’absorber l’augmentation du GNR et de continuer à travailler dans de bonnes conditions.
Pour sa part, la Capeb a réactivé son observatoire des prix afin de suivre l’évolution de l’inflation et analyse la situation avec l’ensemble de son réseau départemental, notamment à travers une enquête diligentée et des réunions de crise avec les élus sur le terrain.
Cette responsabilité, nous la portons également sur un enjeu structurant : la gestion des déchets du bâtiment. Aux côtés de l’AMF, d’Amorce, d’Intercommunalités de France, de Régions de France et du Cercle national du recyclage, nous avons fait front commun. Une position partagée, inédite.
Gestion des déchets du bâtiment
Oui, la Capeb soutient plusieurs arbitrages du Gouvernement, comme le renforcement du maillage des points de collecte. Mais cela ne suffit pas. Nous défendons une mesure clé : la reprise sans frais des petits volumes dans les déchèteries. Pour la première fois, artisans et collectivités ont dépassé leurs contraintes pour bâtir un compromis concret : une reprise gratuite jusqu’à 3 m³. Une avancée tangible, fondée sur une évidence : mêmes territoires, mêmes réalités, mêmes intérêts. Un amendement commun a été porté à l’Assemblée nationale, symbole de cette convergence rare et précieuse. Malheureusement, la proposition de loi a été retirée à la demande du Gouvernement.
Le combat continue donc, avec les collectivités, au lendemain des municipales. Cette alliance témoigne d’une vérité essentielle, la place centrale des artisans dans la vie locale et la capacité de la Capeb à rassembler au-delà de son périmètre. C’est une force sur laquelle nous nous appuierons pour obtenir un dispositif simple, efficace et juste.
Dans le même élan, la Capeb a affirmé sa présence au Salon des séniors. À travers Handibat et Silverbat, elle a mis en lumière le savoir-faire des artisans dans l’adaptation des logements au vieillissement. Un marché d’avenir, au cœur des enjeux démographiques, où les entreprises artisanales apportent des réponses concrètes, humaines, de proximité.
Prochain temps fort : le 17 avril, notre Assemblée générale. Bien plus qu’un rendez-vous institutionnel, c’est un moment de rassemblement, de dialogue et de projection. Dans une période chahutée, nous devons nous retrouver, partager nos convictions et porter, d’une seule voix, celle de l’artisanat du bâtiment.
Car c’est ensemble que nous faisons la force de notre Capeb.
Jean-Christophe Repon
Président de la Capeb






















