En s’installant sur une friche industrielle voisine, l’entreprise Repan — née dans le giron d’Isosta et spécialisée dans le recyclage des isolants de panneaux sandwich — amorce une nouvelle phase de croissance. Objectif : valoriser davantage, jeter moins, et faire du réemploi une seconde nature.
Depuis janvier 2025, Repan a changé d’échelle. La société, créée par Isosta pour donner une seconde vie aux panneaux sandwich en fin de cycle, investit une friche industrielle de 12 000 m² à deux pas de son site historique de Sens dans l’Yonne.
« Ce site incarne notre philosophie : zéro artificialisation, zéro déchet », souligne Christophe Molliex, directeur RSE d’Isosta et de Repan. Sur les 5 000 m² de bâti, 1 000 m² sont déjà en activité, dédiés au tri et au traitement des matériaux.
Et les ambitions sont claires : après 250 tonnes de matières recyclées en 2024 — dont 150 tonnes d’aluminium et 35 tonnes de polystyrène expansé (XPS) — Repan vise 500 tonnes dès 2025, puis 1 000 tonnes à l’horizon 2026. L’objectif : réduire à 10 % seulement la part de déchets ultimes.
Réutiliser plutôt que recycler
Pour y arriver, Repan ne compte pas seulement sur son site, mais aussi sur son point fort : l’expérimentation. Tout est parti d’ une découverte : « On a compris qu’on pouvait compresser, regranuler et réutiliser les isolants issus des panneaux sandwich », raconte Christophe Molliex. Ces granulés repartent ensuite chez les fabricants, bouclant la boucle du recyclage.
Mieux encore : l’équipe a découvert que certaines plaques pouvaient être réemployées telles quelles. Poncées, nettoyées et remises en forme, elles pourraient retrouver leur place dans de nouveaux produits. « Il nous reste à obtenir la certification Acermi, mais le potentiel est énorme », se réjouit le directeur RSE.
Avec ces innovations, Isosta vise 20 % de matières recyclées ou biosourcées dans ses produits dès 2025. Et Repan ne compte pas s’arrêter là : ses prochains travaux de recherche ciblent le PVC, un matériau difficile à valoriser. « Contrairement à l’aluminium, le PVC n’a pas de valeur en fin de vie. C’est notre prochain défi », confie Christophe Molliex.
Repan en quelques mots
L’aventure Repan démarre en 2022, quand Isosta décide de ne plus considérer les panneaux sandwich en fin de vie comme de simples déchets inertes banals (DIB). L’entreprise met alors au point un procédé de démantèlement et de recyclage en boucle fermée, pionnier dans le secteur.
Trois ans plus tard, la boucle s’élargit. De la friche à la matière, tout s’y transforme : les déchets deviennent ressources, et le recyclage devient réinvention.























