La confiance est déterminante dans le choix d’un artisan, mais elle ne garantit pas la concrétisation des travaux. Selon le dernier Sofinscope, 61 % des professionnels estiment que la réputation et le bouche-à-oreille constituent le premier critère de décision de leurs clients. Pourtant, le manque de moyens financiers et la complexité des démarches continuent de freiner les projets de rénovation énergétique. Face à ces obstacles, les artisans expriment un besoin accru de solutions de financement adaptées.
Pour choisir le professionnel auquel ils confieront leurs travaux, les particuliers privilégient avant tout la confiance. Selon les artisans interrogés, la réputation et le bouche-à-oreille arrivent en tête des critères de décision, cités par 61 % d’entre eux. L’expertise, le savoir-faire spécifique et la qualité des prestations arrivent ensuite, avec 21 % des réponses. Au total, 82 % des professionnels mettent ainsi en avant des critères directement liés aux compétences et à la qualité du travail.
Un constat qui souligne l’importance, pour les entreprises artisanales, de leur savoir-faire et de leur réputation. Dans un secteur où les projets peuvent représenter un investissement conséquent et engager durablement le confort du logement, la confiance accordée au professionnel constitue un préalable essentiel.
Le financement, un obstacle au passage à l’acte
Cette confiance ne suffit cependant pas toujours à transformer un devis en chantier. Près de deux artisans sur trois (64 %) estiment que le manque de moyens financiers de leurs clients explique le refus de leurs propositions commerciales. Pour un quart d’entre eux (25 %), il s’agit même de la principale raison invoquée.
À cette contrainte budgétaire s’ajoute la complexité des démarches. Près de la moitié des professionnels (49 %) considèrent que l’accès aux solutions de financement constitue un frein au lancement des travaux. Ils sont également 46 % à pointer les difficultés liées aux démarches pour obtenir des aides financières.
Le paiement comptant demeure le mode de financement le plus fréquemment utilisé par les particuliers, cité par 50 % des artisans. Suivent le prêt personnel ou bancaire classique (41 %) et le paiement en plusieurs fois (23 %). MaPrimeRénov’ et l’éco-prêt à taux zéro sont chacun mentionnés par 20 % des professionnels.
Mieux accompagner les clients
Les artisans disposent encore de marges de progression pour accompagner leurs clients dans le financement de leurs travaux. Si 42 % déclarent être en mesure de les orienter vers les aides auxquelles ils peuvent prétendre, seuls 21 % bénéficient d’un accompagnement, sous la forme d’une formation ou du recours à un prestataire. Par ailleurs, 24 % proposent des solutions de financement variées et adaptées aux besoins de leurs clients, tandis que 28 % aimeraient élargir leur offre.
Les dispositifs publics restent eux-mêmes difficiles à appréhender. Sept artisans sur dix (70 %) jugent les aides disponibles difficiles à comprendre et 75 % estiment qu’elles sont difficiles à obtenir. Plus de la moitié (51 %) considère également que leurs évolutions fréquentes entretiennent l’incertitude pour les entreprises. À l’inverse, 49 % reconnaissent que ces dispositifs incitent davantage les particuliers à engager des travaux.
Pour Franck Oniga, directeur général de Sofinco, l’enjeu est désormais de mieux articuler confiance, accompagnement et financement : « La qualité du travail et la confiance accordée aux artisans restent au cœur de la décision des particuliers. Mais [l’étude] met aussi en évidence un besoin d’accompagnement plus lisible pour transformer les devis en chantiers, notamment lorsque le budget constitue un obstacle. En facilitant l’accès à des solutions de financement responsables et adaptées, en complément des aides publiques, nous pouvons contribuer à sécuriser les parcours, soutenir les professionnels et accélérer la rénovation énergétique des logements. »






















