L’Agence qualité construction (AQC) publie l’édition 2021 de son Observatoire de la Qualité de la Construction. Ce travail a pour objectif de mieux connaître les pathologies dans la construction pour mieux les prévenir, à travers la collecte des données 2020 des quatre dispositifs d’observation de l’AQC. Réalisé avec le soutien de la CFEC, de la FFA, de la FSE et du SNEIC(1),  ce rapport est téléchargeable gratuitement sur le site Internet de l’AQC.

L’Observatoire de la Qualité de la Construction de l’AQC a construit quatre dispositifs d’observation des pathologies dans la construction. Parmi eux, le Dispositif Sycodés. Le Flop 10 de ce rapport présente les 10 éléments d’ouvrage qui portent les effectifs et les coûts de réparation les plus importants, parmi les désordres sur travaux neufs signalés à Sycodés durant plus de deux périodes décennales (1995 à 2020) en France.

Cette hiérarchie de désordres est analysée dans le rapport par des experts et par catégorie de construction : maisons individuelles, logements collectifs et locaux d’activité.

Le revêtement de sol doit progresser en qualité

À titre d’exemple en maison individuelle, sur la période 2018-2020, les revêtements de sol intérieur sont en première place du Flop 10, en effectif comme en coût de réparation. Pour Catherine Labat, expert construction au cabinet Neoxa-Ixi, des progrès peuvent être accomplis sur le comportement du support, en particulier sur les chapes fluides qui sont de plus en plus utilisées : « Elles présentent une sensibilité élevée au retrait pendant le séchage et peuvent faire des “vagues” (appelé tuilage), ce qui entraîne à moyen terme des fissures dans le carrelage. Le domaine des chapes fluides évolue avec des Règles professionnelles en cours d’élaboration et la mise en place d’une certification. ».

La catégorie des fondations superficielles connaît une diminution importante, passant de 14 % en 2017-2019 à 11 % sur 2018-2020. « L’impact positif est probablement lié à la sensibilisation et prise de conscience induite chez les professionnels. Nul doute que la réglementation renforce cette baisse importante », note Jean-Pierre Thomas, directeur technique adjoint de la branche Construction du groupe Stelliant.

Fenêtres et portes-fenêtres

Autre exemple mais en logement collectif cette fois, les sinistres liés aux fenêtres et portes-fenêtres (hors toiture) sont en troisième position en effectif, stables sur les trois dernières années (2018-2020) mais subissant une très forte augmentation par rapport à la période 2010-2020 (6 %). La mise en œuvre de la RT 2012 pourrait expliquer cette envolée selon Jean-Pierre Thomas. « Une fenêtre ou une porte-fenêtre qui laisse passer l’eau, c’était déjà un sinistre. Mais si elle laisse passer trop d’air, à l’issue de l’essai réglementaire d’infiltrométrie prévu par la réglementation thermique RT 2012, cela devient aussi un sinistre alors que cela n’était pas le cas auparavant. »

Alerte sur la mousse de polyuréthane projetée in situ

Le rapport 2021 s’intéresse aussi au Dispositif Alerte, un autre dispositif d’observation de l’AQC qui permet d’identifier les risques sériels par une analyse qualitative de signaux faibles de Sycodés. En effet, le Dispositif Alerte fait état d’un nombre accru de sinistres avec de la mousse polyuréthane projetée in situ, en isolation sous chape, principalement sur le marché de la maison individuelle. Ce désordre se manifeste par une déformation de la mousse avec un affaissement qui peut être ponctuel et réparti aléatoirement dans la pièce. Le tassement commence rapidement (entre deux et quatre semaines) après la projection mais le désordre peut apparaître plus tardivement (jusqu’à cinq à six mois après la réception du chantier). L’ampleur de l’affaissement varie de 3 à 5 cm selon l’épaisseur de la mousse projetée (qui peut varier de 6 à 10 cm).

CFEC : Compagnie française des experts construction – FFA : Fédération française de l’assurance – FSE : Fédération des sociétés d’expertise – SNEIC : Syndicat national des experts IRD et construction.