Du champ aux tuyaux, Marc Roussel a fait de l’ennui une invention. Fils d’agriculteurs, il quitte la grande culture pour la plomberie et crée la pince à braser, fruit de son regard et de sa créativité.

Issu d’une famille d’agriculteurs de Touraine, Marc Roussel commence naturellement sa carrière dans la grande culture après l’obtention de son BTS agricole. Pendant sept ans, il occupe le poste de responsable d’exploitation, mais l’ennui s’installe vite et nourrit en lui l’envie d’entreprendre. « À sept ans, je me souviens d’un plombier venu chez mes parents. J’ai été fasciné par ses gestes précis, le maniement du chalumeau et la mise en place d’un réseau en acier dans toute la maison », raconte Marc Roussel. Héritier d’une tradition manuelle familiale, il ressent alors un attrait inconscient pour la plomberie, qui ne le quittera jamais.

De l’ennui à l’innovation

Pour se réinventer, Marc décide de passer son CAP de plombier-chauffagiste. En un an, il obtient son diplôme chez les Compagnons et réalise son premier chantier : l’installation complète du réseau de chauffage de sa propre maison. Après plusieurs expériences salariées, il se rend compte qu’un problème persiste sur les chantiers : la brasure se fait souvent au sol, dans une position inconfortable. « Chaque fois, je me disais qu’il manquait une solution pour améliorer la posture du plombier…» Cette réflexion, répétée au fils des années, finira par donner naissance à la Winbrase.

Une idée lumineuse

Après dix ans de salariat, Marc Roussel, se sent prêt pour l’indépendance. En 2012, il crée sa société de plombier-chauffagiste. Mais sur les chantiers, les conditions de brasure restent toujours éprouvantes. « Je me souviens d’un chantier où j’avais réalisé une quarantaine de brasures au sol, le dos complètement endolori. À ce moment-là, j’ai repensé à mon idée. Il manquait un outil pour braser plus confortablement », raconte-t-il. Alors qu’il ajuste le flexible de la lampe de son atelier, il visualise immédiatement un outil capable de soutenir le chalumeau à l’aide d’une « troisième main » sur le chantier : la pince à braser.

Des prototypes à l’outil finalisé

En 2019, il se rend à l’INPI, qui confirme la pertinence de son concept et l’oriente vers le dépôt de brevet. Après trois prototypes, de nombreux échanges techniques et une recherche de financement auprès de la BPI, le projet voit le jour en 2024. Après un coût total d’environ 60 000€, principalement consacrés au bureau d’études et à la fabrication des prototypes, l’outil prend sa forme finale.

Un succès prometteur
Studio Réardi Photographe : Johanna Cafaro
« Depuis un an, j’ai vendu plus de 200 pinces et je suis activement à la recherche de référencements chez des distributeurs. Je suis plutôt confiant, car j’ai eu en franc succès à Artibat, où j’ai exposé. Les visiteurs ont été conquis par mon idée de braser à hauteur d’homme faisant office de troisième main, stable, évitant les postures inconfortables tout en leur permettant de gagner du temps sur leurs chantiers. J’ai même vendu plus de quarante pinces durant le salon. Je m’appuie également sur mon site www.winbrase.com pour vendre ma pince. Initialement, j’avais créé le site pour promouvoir la Winbrase qui a reçu les Mat d’or organisés par le groupe Sageret. Si je suis optimiste sur la commercialisation de mon produit, c’est bien parce que depuis que je communique sur la Winbrase, les professionnels et les organismes m’ont toujours encouragé sur la pertinence de mon idée », conclut Marc Roussel.

 

Thomas Peixoto/Emma Deroche