Lancée pour simplifier la rénovation énergétique, MaPrimeRénov’ s’est muée en casse-tête budgétaire. Recentrée, rabotée, contestée, l’aide emblématique de la transition énergétique aborde 2026 en terrain miné.
Censée simplifier la jungle des aides à la rénovation énergétique, MaPrimeRénov’ est devenue, depuis son lancement en 2020, une véritable usine à gaz. Changements de règles, suspensions temporaires, arbitrages budgétaires en série… le dispositif n’en finit plus de tanguer. L’été dernier, le guichet pour les rénovations d’ampleur avait même été interrompu avant une réouverture, mi-octobre, après une nouvelle phase de maintenance.
Autant dire qu’avec la présentation du budget 2026 au Conseil des ministres ce mardi 14 octobre, une question s’impose : à quoi ressemblera la trajectoire des aides l’an prochain ?
Pas de budget défini, mais un recentrage confirmé
Pas de chiffres arrêtés pour l’instant, mais la philosophie reste la même. Le projet de loi de finances (PLF) 2026 maintient la ligne fixée cette année : « MaPrimeRénov’ fait l’objet d’un recentrage sur les logements prioritaires pour les rénovations d’ampleur, tandis que les aides par “gestes” cibleront la décarbonation », résume le texte.
Concrètement, les rénovations globales continueront de viser en priorité les passoires thermiques (étiquettes E, F et G) et les ménages modestes ou très modestes. Les montants d’aide resteront plafonnés et un quota de dossiers sera maintenu pour éviter les effets d’aubaine.
Les gestes qui fâchent
Côté rénovations par geste, la doctrine ne bouge pas non plus. L’isolation des murs et l’installation de chaudières biomasse seules restent exclues du dispositif. Une décision qui hérisse les filières concernées, déjà vent debout contre ces choix actés par décret — juste avant la chute du gouvernement Bayrou.
Un budget en baisse sous couvert d’efficacité
Aucun montant précis n’apparaît dans le PLF pour MaPrimeRénov’. Mais les autorisations d’engagement pour le programme « Urbanisme, territoires et amélioration de l’habitat » sont fixées à 1,9 milliard d’euros, soit 750 millions de moins qu’en 2025.
Selon le gouvernement, ce recentrage, couplé à une mobilisation accrue des certificats d’économie d’énergie (CEE), doit permettre de rénov(er) “plus efficacement davantage de logements”, tout en stabilisant les moyens de l’Agence nationale de l’habitat (Anah).
En attendant le bras de fer parlementaire
Comme chaque automne, les débats promettent d’être animés. Entre impératif budgétaire et urgence climatique, MaPrimeRénov’ reste un symbole fragile de la politique énergétique française : trop complexe pour les particuliers, trop coûteuse pour Bercy, trop essentielle pour être sacrifiée. Le feuilleton continue….
Dominique PARRAVANO
























