Conjoncture encore fragile, rénovation énergétique sous tension, nouvelles règles pour les artisans et adaptation aux fortes chaleurs : l’été caniculaire n’a pas été synonyme de pause pour le bâtiment. Voici notre sélection des faits marquants de ces dernières semaines.
Alors que les entreprises artisanales du bâtiment profitent, pour beaucoup, d’une période estivale bien méritée, le secteur continue d’évoluer à un rythme soutenu. Entre décisions réglementaires, enjeux économiques, transition énergétique et prévention, plusieurs dossiers ont marqué l’actualité de juin et juillet 2026. Tour d’horizon des principaux sujets à retenir avant la rentrée.
Une activité qui reste sous pression
Le premier constat est économique : la reprise du bâtiment demeure fragile. Au premier trimestre 2026, l’activité des entreprises artisanales du bâtiment a reculé de 1,5 % sur un an, avec une baisse plus marquée dans le neuf (-2,5 %) que dans l’entretien-amélioration (-1 %). Les carnets de commandes atteignent néanmoins environ 80 jours de travail, offrant un peu de visibilité aux entreprises.
Du côté du logement, certains indicateurs commencent toutefois à s’améliorer. Les mises en chantier ont progressé nettement au printemps, mais le marché reste loin d’avoir retrouvé un niveau permettant de parler de véritable reprise. Sur douze mois, entre juillet 2025 et juin 2026, 376 241 logements ont été autorisés, soit 8 % de moins que la moyenne des cinq années précédentes. Pour les entreprises artisanales, la rentrée devra donc encore se conjuguer avec prudence, notamment sur les marchés de la rénovation et du logement.
MaPrimeRénov’ : un été sous le signe de l’incertitude
La rénovation énergétique reste au cœur des préoccupations de la filière. Après la suspension du dispositif MaPrimeRénov’ au début de l’année, le guichet avait finalement rouvert le 23 février 2026. Mais les arbitrages budgétaires continuent d’alimenter les inquiétudes du secteur. Fin juin, la Capeb a notamment dénoncé le nouveau « coup de rabot » annoncé sur MaPrimeRénov’, avec la perspective de supprimer, à compter du 1er septembre 2026, une grande partie des aides aux rénovations énergétiques par geste. Une décision jugée particulièrement préoccupante alors que les épisodes de fortes chaleurs rappellent l’importance de l’adaptation des logements. L’enjeu est double pour les artisans : maintenir une activité suffisante et permettre aux ménages de concrétiser leurs projets de travaux.
Le financement devient un enjeu central pour les chantiers
Autre dossier important de l’été : le financement des travaux. Le 6 juillet, la Capeb et Crédit Agricole Personal Finance & Mobility, via Sofinco, ont annoncé un partenariat destiné à faciliter le financement des rénovations énergétiques.
L’objectif est notamment de donner aux artisans davantage d’outils pour accompagner leurs clients, alors que le coût des travaux et les délais de versement des aides peuvent freiner le passage du devis au chantier. Le dispositif prévoit notamment de l’information, de la formation et des solutions de financement adaptées. Pour les entreprises artisanales, le sujet est également celui de la trésorerie : lorsque les aides publiques sont versées après la réalisation des travaux, l’entreprise doit parfois avancer les dépenses pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois.
Une bonne nouvelle pour les professionnels des pompes à chaleur
L’été a également apporté une évolution concrète sur le plan fiscal. Depuis le 18 juillet 2026, certaines pompes à chaleur air/air réversibles fixes peuvent bénéficier du taux réduit de TVA de 5,5 %, dans le cadre de travaux réalisés dans des logements achevés depuis plus de deux ans et sous réserve de respecter les critères prévus par l’arrêté du 13 juillet 2026. Les conditions portent notamment sur la puissance et les performances énergétiques des équipements, leur fluide frigorigène et leur capacité à être connectés à un réseau numérique. Pour les entreprises concernées, cette mesure constitue une évolution à intégrer rapidement dans les devis et les factures. La Capeb a d’ailleurs publié plusieurs précisions et une foire aux questions pour accompagner les professionnels dans l’application du nouveau dispositif.
La prévention au travail devient une priorité pour les TPE
À Marseille, lors des Rencontres des Métiers du Bâtiment organisées par la Capeb en juin, la prévention a également occupé une place importante. La Capeb, la CNATP, l’IRIS-ST et l’OPPBTP ont signé une nouvelle convention destinée à renforcer l’accompagnement des très petites entreprises du bâtiment et des travaux publics. Cette coopération doit permettre de mieux prendre en compte les contraintes propres aux entreprises artisanales dans la stratégie nationale de prévention. Un sujet d’autant plus important que l’été 2026 a été marqué par plusieurs épisodes de fortes chaleurs. L’OPPBTP a appelé les entreprises à adapter leur organisation et leurs mesures de prévention face à une situation climatique appelée à devenir plus fréquente.
Des entreprises directement touchées par les incendies
Enfin, l’été a rappelé que les aléas climatiques peuvent avoir des conséquences très concrètes sur l’activité des entreprises. Les incendies qui ont notamment touché la Gironde, les Landes et le Var ont perturbé, voire interrompu, l’activité de nombreuses entreprises artisanales du bâtiment. Fin juillet, la Capeb a recensé les différents dispositifs de soutien mobilisables pour les professionnels concernés, afin de les aider à faire face aux conséquences économiques de ces événements (voir notre article sur ce même site).
Une rentrée qui s’annonce encore exigeante
Au fil de l’été, un même constat se dessine : le secteur du bâtiment reste confronté à une conjoncture fragile, mais les entreprises disposent aussi de nouveaux leviers pour préparer la suite. La rénovation énergétique demeure un marché stratégique, mais son développement dépendra largement de la stabilité des aides et de la capacité des ménages à financer leurs travaux. Les évolutions fiscales, comme le taux de TVA à 5,5 % pour certaines pompes à chaleur air/air, peuvent apporter des opportunités, tandis que les enjeux de prévention et d’adaptation aux fortes chaleurs prennent une importance croissante. À l’heure de la rentrée, les artisans devront donc composer avec un marché encore incertain, tout en intégrant rapidement les évolutions réglementaires et les nouvelles attentes de leurs clients, notamment suite à cet été caniculaire.
Dominique Parravano






















