À 61 ans, Thierry Châtelain est le gérant de l’entreprise Agexbois, située à Samazan dans le Lot-et-Garonne. Avec ses cinq salariés, dont son fils Maxime, il excelle dans la conception de tiny houses, « maisons minuscules » montées sur une remorque pour se loger plus écolo.
L’année 2005 marque un tournant avec la création de l’entreprise de Thierry Châtelain. Au départ, il n’a pas d’atelier et l’adresse de son entreprise est celle de son domicile. Il réalise alors des prestations pour des constructeurs de pavillons, notamment pour la pose de menuiseries et l’agencement. Attiré par la construction en bois, il devient sous-traitant d’un artisan réputé dans les maisons à ossature en bois (MOB). Cette collaboration lui permet de réaliser les finitions (menuiseries, parquets, agencement, escaliers, etc.) dans les constructions qu’on lui confie. Sollicité par les propriétaires de ces maisons qu’il finalise, il répond à leur demande, mais doit faire appel à un confrère menuisier.
L’opportunité qui change tout
« En 2008, le menuisier en fin de carrière à qui je sous-traitais mes travaux m’a proposé de racheter son entreprise. N’ayant toujours pas d’atelier, cette opportunité était idéale pour disposer de mes propres locaux et d’une équipe, car mon activité prenait de plus en plus d’ampleur. J’ai donc racheté l’entreprise que j’ai renommée Agexbois et conservé ses quatre salariés. Jusqu’en 2016, l’entreprise s’est concentrée sur les travaux de menuiseries courantes. Avec mon épouse, Martine, nous avons développé particulièrement la clientèle de particuliers, car mon prédécesseur s’en était éloigné, préférant les marchés publics, secteur pour lequel je n’ai pas vraiment d’appétence », raconte Thierry Châtelain.
La petite maison qui a tout changé
Toujours intéressé par la construction en bois, le déclic a lieu en 2016. Après avoir construit une maison en bois pour son fils Maxime, lors d’une rencontre avec un commercial en volets roulants, admiratif du résultat final de la maison, ce dernier lui parle des tiny houses, mini maisons en bois posées sur une remorque. Thierry Châtelain comprend alors qu’il a la capacité de construire ces petites maisons dans son atelier avec les outils dont il dispose déjà, lui évitant ainsi d’investir dans du matériel et une structure plus imposante nécessaires à la construction de MOB.
Le saviez-vous ?
Le poids est la contrainte la plus importante, la tiny house, remorque comprise, ne doit pas dépasser 3,5 t. Ce poids est crucial, car il permet le remorquage avec un permis BE (caravane). Au-delà de ce poids, le permis C (semi-remorque) est nécessaire. Cette limite de poids freine la conception et dicte la longueur totale de la tiny house.
« Pour me lancer, j’ai réalisé une maison témoin. J’en ai toujours une exposée devant l’atelier. Pendant deux ans, j’ai fait les foires et expositions locales avec mon épouse dans un rayon de 150 km. L’intérêt a été immédiat… la tiny house d’exposition attirait un monde impressionnant. Il n’était pas rare de voir entrer jusqu’à quinze visiteurs en même temps dans ce tout petit espace. Résultat, la mayonnaise a pris et les commandes ont afflué », se souvient le menuisier.
Entre rêve américain et contraintes bien françaises
Avant de se lancer, Thierry Châtelain prend le temps de s’informer. Le concept, importé des États-Unis, ne colle pas aux normes françaises. Il se tourne alors vers un artisan normand, qui lui rappelle l’essence même de la tiny house : un habitat écologique, pensé pour être démontable, recyclable et respectueux de l’environnement. « Les dimensions d’une tiny house sont strictement encadrées par le Code de la route. La largeur ne doit pas dépasser 2,5 m pour ne pas être considérée comme un convoi exceptionnel. Pour la hauteur, qui est plutôt libre, j’ai opté pour une moyenne de 4,20 m de haut pour m’assurer que les maisons passent sous la plupart des ponts dont la hauteur est d’environ 4,30 m.
« Pas besoin de Consuel s’il existe déjà un compteur sur le terrain »
La hauteur totale tient compte de celle de la remorque et du volume intérieur, c’est-à-dire deux mètres sous mezzanine et 1,20 m au plus haut au-dessus de la mezzanine. Je conçois des tiny houses d’une longueur minimale de 5,40 m et je peux aller jusqu’à 7,20 m en fonction du poids final. Chaque nouvelle maison nécessite de nouveaux calculs. Ceci pour m’assurer que je ne dépasse pas le poids autorisé. Les maisons offrent en moyenne 13 m² au sol et entre 5 m² et 10 m² supplémentaires si elle dispose d’une ou deux mezzanines, sachant qu’une tiny house est généralement livrée avec au moins une mezzanine pour le couchage », conclut l’artisan.
Thomas Peixoto

























