Face aux urgences climatiques et économiques, le Club de l’Amélioration de l’Habitat dévoile les résultats de son Observatoire Habitant-Consommateur 2026. Entre envie d’embellissement, frein budgétaire et besoin de simplicité, décryptage des attentes des propriétaires.
Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas la performance énergétique qui pousse d’abord les ménages à lancer des chantiers, mais la volonté de rendre son logement plus beau. Selon l’étude réalisée par la sociologue Audrey Valin (cabinet ACTES) et TBC Innovations auprès de 1 500 propriétaires occupants et bailleurs, la recherche d’embellissement constitue la motivation principale pour 70 % des occupants ayant déjà réalisé des travaux et 48 % de ceux qui l’envisagent.
L’amélioration du confort énergétique arrive en seconde position. Elle est citée par 58 % des occupants ayant concrétisé un projet et 31 % de ceux qui le planifient. Chez les bailleurs, le souci d’esthétique prévaut également (46 % pour les travaux réalisés), suivi par la nécessité absolue liée à une panne ou à la vétusté (42 %).
Pourtant, dans l’absolu, l’efficience énergétique reste un objectif partagé par 75 % des occupants, motivés avant tout par la réduction des factures de chauffage, avant le confort d’hiver (61 %), le confort d’été (57 %) ou la valeur patrimoniale (49 %).
Le blocage du coût : la stratégie du « pas-à-pas »
Face aux contraintes financières et à la hausse des coûts, la rénovation globale en une seule fois reste minoritaire. Les ménages privilégient massivement un séquençage des travaux au fil de l’eau, une méthode adoptée par 69 % des occupants et 58 % des bailleurs.
Le coût jugé trop élevé d’un chantier global constitue le frein majeur, invoqué par 76 % des occupants et 61 % des bailleurs. Cet obstacle financier dépasse de loin les tracasseries logistiques, comme la durée du chantier ou la disponibilité des artisans.
Faire appel aux pros : une question de compétences
Pour concrétiser leurs projets, les propriétaires font majoritairement confiance aux professionnels du bâtiment. C’est le cas de 45 % des occupants et 57 % des bailleurs pour leurs travaux futurs.
Le recours aux entreprises spécialisées est principalement guidé par la recherche de compétences techniques (69 % des occupants et 65 % des bailleurs). À l’inverse, la réalisation des travaux par soi-même répond avant tout à un arbitrage économique et budgétaire (75 % des occupants) plutôt qu’au simple plaisir de bricoler.
Financement et politiques publiques : cap sur la lisibilité
Côté porte-monnaie, la simplicité prime. Les solutions de financement les plus prisées demeurent les outils bancaires traditionnels : le prêt personnel travaux (utilisé par environ 30 % des répondants) et l’intégration du financement dans un prêt immobilier global (21 %).
À l’approche des échéances politiques, les attentes des Français envers l’État sont claires :
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Plus d’aides financières dédiées à la rénovation (attendues par 25 % des répondants).
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Des dispositifs d’adaptation face au vieillissement et au changement climatique (20 %).
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Une facilitation de l’accès à la propriété (17 %).
Les témoignages recueillis insistent sur le besoin d’aides plus stables dans le temps, accessibles à l’ensemble des tranches de revenus, ainsi que sur un contrôle accru des devis et factures des artisans pour restaurer une pleine confiance.
Dominique PARRAVANO






















