L’association GSC et la société Altares dévoilent pour la troisième année consécutive les chiffres de l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs. Cette nouvelle édition révèle que le nombre d’entrepreneurs ayant perdu leur emploi reste stable en 2018, à un niveau élevé…

La baisse entamée il y a trois ans connait un ralentissement. En 2018, 50 185 dirigeants d’entreprise ont dû faire face à une liquidation judiciaire, un nombre stable (+ 0,3 %) par rapport à 2017.

L’âge médian des dirigeants d’entreprise impactés est de 46 ans

Un dirigeant sur dix en situation de perte d’emploi a moins de 30 ans et les chiffres montrent une progression de 6,7 % en 2018 du “chômage” chez les entrepreneurs de moins de 26 ans. Cette augmentation significative s’explique en partie par une dynamique forte de création d’entreprise depuis deux ans chez les jeunes.

Plus du tiers (35,8 %) des dirigeants touchés par la perte de leur emploi en 2018 a plus de 50 ans. On pourrait s’attendre à ce que les entrepreneurs plus expérimentés soient mieux préparés aux aléas. Mais aujourd’hui, le modèle économique doit être sans cesse repensé sous peine de fragiliser l’entreprise. Cette nécessaire agilité n’est pas toujours aussi bien ancrée chez les quinquagénaires qui pilotent leur entreprise depuis longtemps que chez les jeunes.

Or, si un changement de parcours reste tout à fait envisageable pour les dirigeants de moins de 26 ans, la situation s’avère bien plus délicate pour leurs aînés de plus de 50 ans.

Les gérants des petites entreprises plus fortement touchés

75 % des dirigeants en situation de perte d’emploi employaient moins de trois salariés, en hausse de 1,5 % sur un an. Ce sont encore une fois les artisans, les commerçants, les gérants de TPE qui sont les plus impactés. 6 650 artisans-commerçants ont perdu leur emploi en 2018. Ce nombre est certes en baisse, mais reste à un niveau élevé, tout comme celui des professions libérales, avec 1 050 entrepreneurs au chômage (en hausse de 1,6 %).

Les gérants de SARL, avec 27 919 sans emploi, forment l’essentiel des pertes (en baisse de – 5,7 %).

 11 958 autres dirigeants étaient à la tête d’une SAS

Cette hausse de 28,1 % par rapport à l’an passé s’explique notamment par l’augmentation des créations d’entreprise sous ce statut juridique depuis trois ans.

17 359 des entrepreneurs concernés se trouvaient à la tête d’une société dont le chiffre d’affaires était inférieur à 500 000 €, confirmant ainsi que les petites structures sont les plus vulnérables.

L’ensemble du territoire français en tension

Près de la moitié des pertes d’emploi est concentrée sur l’Ile-de-France (23 %), la région Auvergne-Rhône-Alpes (12 %) et PACA (10 %). La majorité des régions françaises (neuf sur treize) est impactée par la hausse du nombre d’entrepreneurs en situation de perte d’emploi. Les territoires les plus touchés sont l’Ile-de-France (+ 7,3 %), l’outre-mer (+ 4,6 %) et les Pays de la Loire (+ 4,2 %). A contrario, les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur (- 7 %), Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées (- 5,3 %) et Bretagne (- 4,8 %) enregistrent un recul significatif laissant apparaître des inégalités territoriales fortes.

Les activités en lien avec les consommateurs particulièrement exposées.

Les entrepreneurs du bâtiment (25 %) et du commerce (23 %) représentent toujours la moitié des pertes d’emploi malgré une légère baisse (- 1,6 % et – 2,1 %). Les dirigeants exerçant dans les professions en contact direct avec les consommateurs et dont l’activité n’est pas aisément transformable sont les plus exposés. En particulier, 1 051 boulangers et pâtissiers, 5 253 restaurateurs, et 879 coiffeurs ont perdu leur emploi.

Les entrepreneurs du secteur du transport routier de voyageurs connaissent un niveau très élevé de perte d’emploi et en particulier les taxis et VTC avec 472 entrepreneurs sans emploi (+ 66,8 %).

Les secteurs juridiques et comptables subissent également une augmentation significative de 30,3 % avec une hausse marquée pour les structures spécialisées dans le domaine juridique.

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75 % des dirigeants en situation de perte d’emploi employaient moins de trois salariés, en hausse de 1,5 % sur un an.