Il y a des organisations qui traversent le temps, et puis il y a celles qui façonnent l’histoire.
Depuis 1946, la Capeb accompagne l’histoire économique, sociale et humaine de notre pays. Elle a vu la France se reconstruire après la guerre, se moderniser, s’équiper, se transformer. Elle a vu naître des générations d’artisans qui, par leur travail, leur savoir-faire et leur courage, ont bâti bien plus que des maisons, des écoles ou des ateliers : ils ont bâti la confiance, la proximité et la vie de nos territoires.
80 ans. Une étape qui nous impose l’humilité.
Car une telle histoire n’appartient à personne. Elle est l’oeuvre collective de milliers d’artisans, d’élus et de responsables qui ont porté les valeurs de la Capeb au fil des décennies. Nous ne sommes que les héritiers d’un engagement commencé bien avant nous et dont nous avons aujourd’hui la responsabilité de poursuivre le récit.
Je pense naturellement à tous ceux qui ont présidé notre organisation, à ceux qui l’ont animée sur le terrain, dans les départements, dans les régions ou au niveau national. Chacun, à sa manière, a apporté sa pierre à l’édifice. Chacun a contribué à faire de la Capeb la première organisation professionnelle de l’artisanat du bâtiment.
Ils ont connu les périodes de croissance comme les temps de crise. Ils ont mené des combats parfois difficiles, souvent décisifs, toujours au service des entreprises artisanales. Ils ont défendu la liberté d’entreprendre, la reconnaissance des métiers, l’apprentissage, la qualification et la place essentielle de l’artisanat dans l’économie française.
Grâce à eux, la Capeb est devenue une institution respectée, écoutée et incontournable.
Mais un anniversaire ne doit jamais être une parenthèse nostalgique.
Les artisans du bâtiment n’ont jamais vécu dans le souvenir. Leur métier consiste précisément à construire.
À imaginer ce qui n’existe pas encore. À transformer une vision en réalité. C’est cette même philosophie qui doit continuer à guider notre organisation.
Car les défis sont immenses. La transition énergétique, l’adaptation climatique, la transmission des entreprises, l’attractivité de nos métiers, la révolution numérique ou encore les évolutions démographiques dessinent un paysage inédit. Pourtant, je suis convaincu que l’artisanat du bâtiment possède toutes les ressources pour y répondre.
Notre force réside dans ce que les modes ne remplacent pas : la compétence, la proximité, la confiance, la qualité du geste et la passion du travail bien fait. À l’heure où tout semble s’accélérer, ces valeurs apparaissent plus modernes que jamais.
Les 80 ans de la Capeb ne célèbrent donc pas seulement une longévité remarquable. Ils témoignent d’une capacité rare à rester fidèle à ses principes tout en accompagnant les transformations de son époque.
L’histoire de la Capeb est celle d’une organisation qui a toujours su regarder bien au-delà d’un horizon immédiat.
C’est cette ambition qui nous anime encore aujourd’hui. Non pas juste conserver un héritage comme on protège un monument, mais le faire vivre, le transmettre et l’enrichir.
À ceux qui nous ont précédés, nous adressons notre gratitude.
À ceux qui nous succéderont, nous voulons transmettre une Capeb toujours forte, toujours libre et toujours utile.
Car depuis 80 ans, une certitude demeure : lorsque les artisans avancent ensemble, ils bâtissent bien davantage que des ouvrages. Ils bâtissent notre avenir commun.
Jean-Christophe Repon
Président de la Capeb






















