Dans son étude « Bâtir l’avenir à l’horizon 2035-2040 », cet acteur historique de la pédagogie de l’alternance — fort de plus de 80 ans d’expertise et moteur d’innovation dans la formation aux métiers du BTP — dessine plusieurs trajectoires possibles pour la filière. À partir de ces scénarios, il formule des pistes concrètes pour aider le secteur à gagner en attractivité et à rester en prise avec les évolutions de son époque.
Le CCCA-BTP a choisi la science-fiction pour rendre le secteur du bâtiment toujours plus attractif. Si cela peut prêter à sourire, c’est pourtant le résultat de recherches bien sérieuses réunies dans l’étude « Bâtir l’avenir à l’horizon 2035-2040 », qui propose un éclairage prospectif sur le regard et les aspirations des jeunes vis-à-vis des métiers du bâtiment et sur les besoins des entreprises dans dix ans. Une étude d’autant plus sérieuse que les besoins de main-d’œuvre dans le bâtiment seront importants à mesure que les départs à la retraite s’intensifieront.
L’attractivité du futur, une évidence ou un défi
Un groupe de travail pluridisciplinaire mêlant expertises métiers et approches sociologiques a ainsi d’abord défini les tendances structurelles qui sous-tendront le secteur d’ici à 2040, afin de dégager douze variables susceptibles d’influencer le rapport des jeunes au travail et au secteur du bâtiment. À partir de cela, le groupe a fait émerger quatre scénarios (voir encadré), qui présentent cependant des points communs : la France en 2040 sera plus âgée, plus dégradée sur le plan climatique et environnemental, et plus technologisée. De fait, les tensions sur le marché de l’emploi seront aggravées par la reconversion du secteur vers la rénovation énergétique, et l’attractivité auprès des jeunes sera un enjeu majeur. Mais des différences émergent. Les conditions de travail, qui seront centrales dans tous les scénarios, s’amélioreront nettement ou se dégraderont. De même pour l’attractivité : soit elle restera un défi, soit elle s’améliorera grâce à la transformation des pratiques et des valeurs des entreprises. La transformation du bâtiment autour des enjeux écologiques apparaît, de son côté, comme un scénario porteur, pouvant créer un cercle vertueux : attirer les jeunes, redonner du sens au travail et répondre aux enjeux environnementaux.
Santé et diversité
Au-delà de ces enjeux, l’étude permet d’identifier certains leviers. Le plus évident est l’amélioration constante de la qualité de vie au travail, en assurant la promotion des droits des salariés ainsi que leur sécurité et leur santé pour réduire l’usure physique. Ensuite, il serait intéressant de former les jeunes à la gestion d’entreprise pour leur donner envie de se projeter. L’innovation, en particulier sur le plan écologique, peut aussi être un bon moyen d’attirer les jeunes. Il serait également pertinent de mener un travail de sensibilisation à travers la formation, d’abord en renforçant et en professionnalisant la transmission des compétences, puis en s’adaptant aux nouvelles méthodes pédagogiques, plus flexibles, modulables et personnalisées. Enfin, l’inclusion et la diversité pourraient être des enjeux centraux pour répondre aux tensions de main-d’œuvre. Montrer que le bâtiment compte dans ses rangs des profils diversifiés, avec des femmes et des personnes en reconversion, pourrait être inspirant.
Conçue comme un outil d’anticipation, cette étude pourrait aider les acteurs du bâtiment à se projeter et à mieux préparer l’avenir.
Les quatre scénarios de l’étude
Scénario 1 : « Le bâtiment à la recherche de jeunes talents : un défi persistant »
Scénario 2 : « Entre opportunités et précarités : une jeunesse divisée »
Scénario 3 : « Le bâtiment, un potentiel durablement attractif pour les jeunes »
Scénario 4 : « La guerre des talents »






















