Invité de l’Institut de la Boétie, Jean-Christophe Repon a porté, samedi 24 janvier dernier, la voix des artisans du bâtiment au cœur d’un colloque consacré aux petites entreprises. Face à des parlementaires, aux représentants de l’U2P et de la CPME, et sous le regard de Jean-Luc Mélenchon, le président de la Capeb a livré un plaidoyer sans détour pour la stabilité, la cohérence et la reconnaissance des TPE.
Dans le tumulte politique et loin des réalités du terrain, la voix des artisans s’est de nouveau fait entendre. Samedi 24 janvier, à l’Institut de la Boétie, Jean-Christophe Repon est venu rappeler ce que vivent au quotidien les très petites entreprises du bâtiment. Devant des parlementaires, des représentants de l’U2P et de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), et sous le regard de Jean-Luc Mélenchon, le président de la Capeb a défendu une ligne claire : redonner de la stabilité aux politiques publiques, assurer leur cohérence et reconnaître pleinement la place des TPE.
En effet, dans un secteur de l’artisanat du bâtiment qui a besoin de se projeter sur le long terme, l’instabilité politique agit comme un poison lent. Pour Jean-Christophe Repon, ces soubresauts fragilisent directement les TPE du bâtiment et grippent le travail engagé avec les pouvoirs publics.
« Trop souvent, les décisions se prennent loin de celles et ceux qui les appliquent », a-t-il alerté, soulignant l’écart persistant entre les intentions affichées et la réalité vécue par les entreprises artisanales. « On ne peut plus décider pour les TPE sans les écouter. Elles sont au cœur de l’économie réelle », a-t-il martelé, rappelant que « les politiques publiques doivent partir du terrain. Or le terrain, ce sont les TPE ».
Autre ligne de force : l’accès des TPE aux marchés de la rénovation. Alors que les besoins explosent, les artisans restent trop souvent relégués à la marge. Le président de la Capeb a exhorté les décideurs à en finir avec les logiques de « stop and go » et à offrir enfin de la visibilité aux entreprises artisanales, en stabilisant les dispositifs et en assurant leur cohérence.
« Les pouvoirs publics ne peuvent plus élaborer des dispositifs sans consulter celles et ceux qui font vivre les territoires », a-t-il insisté sous les applaudissements nourris.
Le vrai défi est dans l’existant
S’il salue certaines avancées législatives en faveur du logement neuf, Jean-Christophe Repon a recentré le débat là où se joue l’essentiel : la rénovation des logements. Des millions d’habitations attendent des travaux. C’est là que se concentrent les défis économiques, sociaux et climatiques du secteur et les opportunités pour les artisans.
Rénover par étapes, rénover intelligemment
Fidèle aux positions de la Capeb, il a défendu un parcours de rénovation énergétique progressif, pragmatique, adapté aux réalités du terrain comme aux capacités financières des ménages. Une approche par étapes, loin des injonctions technocratiques déconnectées du réel.

Microentreprise : alerte sur les dérives
Jean-Christophe Repon n’a pas éludé les zones d’ombre. Il a dénoncé les dérives du régime de la microentreprise dans le bâtiment : concurrence déloyale, fragilisation des professionnels, manque d’accompagnement. Un encadrement plus strict et un véritable soutien aux microentrepreneurs s’imposent, a-t-il plaidé.
Redonner une voix aux TPE
Enfin, le président de la Capeb a martelé la nécessité de mieux écouter les très petites entreprises, tant du côté des pouvoirs publics que dans le dialogue social. « La voix des TPE doit compter autant que celle des grandes structures. C’est une question d’équité économique et démocratique », a-t-il affirmé.
Une exigence claire, résumée sans détour : « La Capeb porte une exigence simple : que les TPE soient enfin reconnues comme des interlocuteurs à part entière. » Un point également développé par Michel Picon lors des échanges.
Dominique PARRAVANO / Thibaut BOUSQUET
Photos : Thibaut Bousquet






















