Des artisans garants de savoir-faire ancestraux ont défilé sur le stand de la Capeb lors du Salon international du patrimoine culturel du 23 au 26 octobre à Paris. Un moyen de rappeler l’importance qu’ont les petites entreprises du bâtiment dans la transmission et la préservation des savoir-faire.
Sébastien Laveaux fait tinter une ardoise à faible coup de marteau et tend l’oreille au milieu du brouhaha du Salon international du patrimoine culturel. « Plus le son est aigu, comme du verre, plus l’ardoise est de qualité, dense », explique l’artisan couvreur, ardoisier et lauzier de Corrèze face au public. Comme tous les artisans qui ont défilé sur le stand de la Capeb du 23 au 26 octobre au Carrousel du Louvre à Paris, Sébastien Laveaux s’est évertué, au milieu des plus grands savoir-faire artisanaux patrimoniaux, à démontrer que l’artisan du bâtiment a une place centrale dans la transmission. Une évidence qui anime Éric Le Dévéhat, président des métiers de la pierre et chargé du patrimoine à la Capeb, face aux institutionnels du salon venus visiter le stand : « La transmission est dans l’ADN des artisans du bâtiment. »
L’ardoise de Corrèze fait son show
C’est d’ailleurs ce qui ressort lorsqu’on discute avec Sébastien Laveaux, particulièrement sensible à la préservation de l’ardoise de Corrèze, « la meilleure du monde », selon l’artisan. Cette pierre noire, dense, est un concentré de transmission : « Nous avons fait perdurer le savoir-faire en démontant les couvertures des bâtis existants. Nous nous sommes servis du réemploi pour maintenir le savoir-faire de la pose de l’ardoise de Corrèze. » Par extension, cela permet de faire vivre et revivre les carrières locales, exploitées par les Ardoisières de Corrèze, qui ont rouvert celle d’Allassac en 2006 après trente ans de fermeture.
La passion du patrimoine
La transmission prend donc, avec le patrimoine, des formes multiples. C’est en ce sens qu’Éric Le Dévéhat rappelle qu’il faut laisser « les savoir-faire s’exprimer au-delà du patrimoine existant et utiliser les matériaux et techniques appris dans la rénovation énergétique ». Souvent biosourcés, les produits utilisés dans la rénovation du patrimoine peuvent en effet avoir toute leur place dans des rénovations énergétiques bas carbone. Mais le président des métiers de la pierre met en garde : « Nous ne voulons pas faire une hiérarchie des savoir-faire, mais avoir une vision élargie du patrimoine afin de les faire perdurer. »

Cependant, il manque encore quelque chose pour que toutes ces transmissions existent : la passion. Or, en écoutant Sébastien Laveaux faire tinter son ardoise aux oreilles de Brigitte Macron et surtout de Stéphane Bern, fervent défenseur du patrimoine, il apparaît que cette passion coule dans les veines de tout artisan.
Patrimonial : Une revue qui rend ses lettres de noblesse au patrimoine vernaculaire

Crédit : Nicolas Ravelli
Le troisième numéro de la revue Patrimonial est paru lors du premier jour du Salon international du patrimoine culturel. Son rédacteur en chef, Benjamin Mouton, qui est aussi inspecteur général et architecte en chef des monuments historiques honoraire, a fait appel à Éric Le Dévéhat et Florence Cannesson, chargée de mission à la Capeb, pour écrire deux articles : « Enduits traditionnels à la chaux » et « Acquérir le bon geste ». Ils font partie des plus de quarante contributeurs de l’ouvrage, venant de tous horizons, et qui réhabilitent avec technicité et authenticité le patrimoine vernaculaire de la Bretagne dans le premier numéro, de la moyenne montagne dans le deuxième, et pour ce dernier numéro, des zones humides.






















