Les derniers résultats de l’enquête de conjoncture consacrée au secteur régional du bâtiment mettent en évidence une dégradation progressive de l’activité économique sur la période d’avril à juin 2026. Face à la contraction des carnets de commandes, à l’érosion des marges et aux perturbations climatiques subies sur le terrain, la situation financière des professionnels demeure fragile. Pourtant, malgré ce contexte incertain, les intentions d’embauche connaissent une progression notable, soutenues par une volonté de pérenniser les compétences.
Au deuxième trimestre 2026, l’étude réalisée par la Capeb Auvergne-Rhône-Alpes a permis de mettre en exergue la sombre perception qu’ont les professionnels de leur activité. 53 % des artisans estiment désormais évoluer dans une situation jugée difficile à très difficile, une proportion en hausse de quatre points par rapport au trimestre précédent. En comparaison, seuls 19 % des répondants qualifient leur activité de bonne à très bonne, tandis que 28 % la jugent stable.
Les difficultés touchent particulièrement la plâtrerie-isolation, les travaux publics, les entreprises tous corps d’état ainsi que les activités liées aux énergies renouvelables. À l’échelle géographique, les tensions sont plus marquées dans le Rhône, la Drôme et la Haute-Loire. La visibilité à court terme recule également : 50 % des entreprises déclarent disposer d’un carnet de commandes supérieur à deux mois (contre 53 % au trimestre antérieur), alors que 31 % doivent composer avec une visibilité inférieure à un mois.
Des indicateurs financiers toujours dégradés
La détérioration du contexte opérationnel affecte directement la santé financière des structures artisanales. Au terme du trimestre, 39 % des responsables d’entreprise décrivent leur trésorerie comme faible ou insuffisante, contre seulement 14 % qui la jugent satisfaisante.
L’évolution du chiffre d’affaires témoigne d’un ralentissement général. Si 67 % des entreprises observent une stabilité de leurs recettes, 26 % accusent une baisse et à peine 7 % constatent une hausse. Cette absence de croissance pénalise la rentabilité. Bien que 65 % des acteurs maintiennent leurs marges à niveau constant, 33 % d’entre eux signalent une nouvelle contraction, soit une progression de quatre points en trois mois. Les épisodes de canicule et les intempéries ont, en outre, pesé sur l’organisation des chantiers et la productivité générale.
Une hausse inattendue des intentions d’embauche
En dépit des pressions économiques, le volet de l’emploi montre des signes de résistance. La part des entreprises recherchant de la main-d’œuvre s’établit à 18 %, ce qui représente une progression de trois points en un trimestre.
Pour répondre à ces besoins, le contrat à durée indéterminée (CDI) reste le mode de recrutement prédominant, représentant 59 % des projets de recrutement, suivi par le contrat à durée déterminée (CDD) à hauteur de 28 % et l’intérim pour 10 %. Par ailleurs, 20 % des structures en phase d’embauche prévoient d’intégrer un apprenti, soulignant une dynamique de transmission des savoir-faire face aux transformations environnementales et structurelles du secteur.




















