« Ça a assez duré ! »

Colère froide, urgence brûlante. Hier, mercredi 17 décembre, les artisans du bâtiment ont battu le pavé. Devant les préfectures, ils ont dit stop aux règles instables, aux marchés verrouillés et à une rénovation énergétique menée sans eux. Pour la Capeb, le message est sans appel : le système fonce droit dans le mur. Preuve de la colère : près de 80 % des Capeb départementales étaient mobilisées sur le terrain.

Le 17 décembre, à l’appel de la Capeb, les artisans du bâtiment se sont mobilisés devant les préfectures partout en France. En cause : l’instabilité de MaPrimeRénov’, les dérives de la REP Bâtiment et un accès aux marchés de la rénovation énergétique jugé de plus en plus verrouillé. Près de 80 % des Capeb départementales étaient sur le terrain.

Si MaPrimeRénov’ reste indispensable pour lancer les travaux, les entreprises dénoncent des règles changeantes, des délais de paiement à rallonge et une activité en recul. « Le dispositif est essentiel, mais devenu trop lourd à mobiliser », tranche Jean-Christophe Repon, président de la Capeb, qui parle d’« une crise majeure ».

Ne pas rester sur le bord du chantier

Au cœur de la colère : l’accès au marché. « Nous ne voulons pas être disqualifiés », martèle-t-il. Sur 500 000 entreprises artisanales, seules 50 000 sont aujourd’hui accréditées pour MaPrimeRénov’. Un verrou incompatible, selon la Capeb, avec l’objectif de massification de la rénovation énergétique.

Un message direct aux pouvoirs publics : sans règles simples, stables et réellement ouvertes, la transition énergétique restera un slogan… et les artisans, sur le bord du chantier.

Dominique PARRAVANO