Réunis ce mardi 29 septembre à Batimat et lors des 80 ans de la Capeb aux Folies Gruss, plus de 3 000 artisans venus de toute la France ont lancé un message au Gouvernement : après quatre années de recul de l’activité, les entreprises artisanales du bâtiment disent ne plus pouvoir absorber seules la hausse des coûts et la dégradation de leurs marges. Une pétition nationale va être déployée dans tous les territoires.
« Laissez-nous travailler ! » Le mot d’ordre est lancé. Réunis à Paris à l’occasion de Batimat et des 80 ans de la Capeb, plus de 3 000 artisans veulent faire entendre leur exaspération face à une crise qui s’installe dans la durée.
Car les chiffres restent dans le rouge. Au deuxième trimestre 2026, l’activité de l’artisanat du bâtiment a encore reculé de 1,5 % sur un an, soit un 13ᵉ trimestre consécutif de baisse. Dans les entreprises du bâtiment de moins de dix salariés, près de 12 000 emplois ont été détruits en un an.
« Nous arrivons au bout de nos marges »
Sur le terrain, les mêmes difficultés remontent : carburant plus cher, hausse du coût des matériaux, carnets de commandes qui se réduisent et trésoreries sous pression. Pendant plusieurs années, les entreprises artisanales ont absorbé une partie de ces hausses en comprimant leurs marges.
Mais pour la Capeb, le modèle atteint aujourd’hui ses limites.
« Nous arrivons au bout de nos marges et nous voulons continuer à vivre de nos métiers », affirme son président, Jean-Christophe Repon.
L’organisation professionnelle veut donc changer de registre. Plutôt que de réclamer une succession de dispositifs d’urgence, elle demande au Gouvernement de créer les conditions permettant aux entreprises de retrouver durablement de l’activité, d’investir et d’embaucher.
Une pétition nationale lancée à Batimat
La Capeb lance ainsi une pétition nationale, portée dès ce mardi par les artisans présents à Batimat puis relayée par son réseau départemental dans toute la France. Elle sera adressée au Premier ministre et aux parlementaires à l’occasion de l’examen du budget 2027.
Trois revendications sont mises en avant.
Première demande : une TVA à 5,5 % sur l’ensemble des travaux de rénovation. Pour la Capeb, cette mesure permettrait de soutenir la demande et de redonner du pouvoir d’achat aux ménages.
Deuxième priorité : rendre la transition électrique accessible aux artisans. L’organisation réclame une offre associant véhicule électrique, borne de recharge et financement, afin de permettre aux petites entreprises de réduire progressivement leur dépendance aux carburants.
Troisième revendication : revoir la REP PMCB. La Capeb demande une organisation davantage adaptée aux contraintes des petites entreprises, notamment avec la gratuité des dépôts et un réseau de points de collecte suffisamment dense pour limiter les déplacements et les coûts.
« Des chantiers pour bâtir, pas des aides pour tenir »
Au-delà de ces trois mesures, le message se veut politique au sens syndical du terme : les artisans veulent pouvoir vivre de leur activité plutôt que dépendre durablement des aides publiques.
« Nous voulons travailler, investir et embaucher », résume la Capeb.
La pétition doit désormais sortir des allées de Batimat pour gagner les territoires. Selon les réponses apportées par le Gouvernement, l’organisation professionnelle prévient qu’elle pourrait amplifier sa mobilisation dans les prochaines semaines.
Avec un slogan pour résumer cette nouvelle étape : « Laissez-nous travailler ! Des chantiers pour bâtir, pas des aides pour tenir. »
Dominique Parravano






















