Le groupe Suisse affiche une croissance de son chiffre d’affaires en 2025 malgré un secteur de la construction en difficulté. Grâce à sa capacité d’innovation, le leader du sanitaire renforce ses positions mondiales et assainit sa structure financière.
Geberit a publié ses résultats pour l’exercice 2025, affichant une solidité financière remarquable et une croissance de son chiffre d’affaires malgré un contexte européen complexe pour la construction. Dans un marché atone, le leader des produits sanitaires parvient à accroître ses parts de marché grâce à une stratégie d’innovation soutenue et une gestion rigoureuse de ses coûts opérationnels.
Croissance résiliente
En 2025, Geberit a généré un chiffre d’affaires de 3 163 millions de francs suisses (environ 3 423 millions d’euros), marquant une progression de 2,5 % par rapport à l’année précédente. Cette performance, qui grimpe à 4,8 % après correction des effets de change négatifs, témoigne de la capacité du groupe à surperformer son marché de référence. Si l’Europe affiche une croissance corrigée de 4,1 %, c’est la région Moyen-Orient et Afrique qui signe la progression la plus spectaculaire avec un bond de 24,8 %. À l’inverse, la zone Extrême-Orient et Pacifique enregistre un léger repli. Par catégories de produits, les systèmes de salle de bains tirent leur épingle du jeu avec une hausse de 6,1 %, devant les systèmes d’installation et de canalisation.
Rentabilité préservée
Sur le plan de la rentabilité, le résultat opérationnel EBITDA (indicateur bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement) s’établit à 931 millions de francs suisses (environ 1 007 millions d’euros), soit une marge de 29,4 %. Bien que ce niveau soit légèrement inférieur à celui de 2024, il convient de noter l’impact de coûts exceptionnels liés à la fermeture d’une usine de céramique en Allemagne. Sans ces éléments ponctuels, la marge aurait progressé grâce à des gains d’efficacité et à une baisse du coût des matières premières. Le bénéfice net s’élève à 598 millions de francs suisses (environ 647 millions d’euros), restant stable par rapport à l’exercice précédent. L’entreprise a su compenser l’inflation salariale et la hausse des prix de l’énergie par une optimisation constante de ses processus de production.
Bilan assaini
Le bilan du groupe ressort renforcé avec une trésorerie disponible en hausse de 7,4 %, atteignant 659 millions de francs suisses (environ 713 millions d’euros). Cette dynamique a permis de réduire l’endettement net, qui passe de 1 373 millions à 1 355 millions de francs suisses (environ 1 466 millions d’euros) à la fin de l’année 2025. La structure du capital est particulièrement saine, avec un taux de fonds propres qui grimpe à 39,3 %. Le ratio dette nette sur EBITDA s’est également amélioré pour s’établir à 0,8x (contre 1,1x l’année précédente), illustrant une gestion financière prudente. Ces marges de manœuvre permettent au groupe de maintenir ses investissements stratégiques et de garantir une stabilité opérationnelle de premier plan dans un environnement économique volatil.
Ambitions d’innovation
Malgré une baisse de 4,9 % des investissements globaux en immobilisations, Geberit maintient un effort soutenu en recherche et développement avec 86 millions de francs suisses (environ 93 millions d’euros) investis. L’année a été marquée par le dépôt de dix-huit brevets et le lancement de solutions innovantes comme le système FlowFit ou le WC lavant Alba. Le groupe a également poursuivi ses efforts environnementaux, réduisant ses émissions absolues de CO2 de 2,4 % sur l’année. Pour 2026, si les incertitudes géopolitiques et l’inflation incitent à la prudence, Geberit compte sur la stabilité du secteur de la rénovation, qui représente 60 % de son activité, pour consolider sa position de leader mondial tout en poursuivant la modernisation de ses capacités logistiques.
























